Concentration

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Olivier Baccuzat
Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com
Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com
Laetitia Duarte

Évidemment, L’Argus de cette semaine fait la part belle au lancement officiel de Vyv, fruit du rapprochement des groupes Harmonie, Istya et MGEN initié en janvier 2015 et qui devient, à ce titre, un poids lourd de la complémentaire santé et de la prévoyance en France. Sur un marché ultraconcurrentiel, l’apparition d’un nouveau mastodonte protégeant 10 millions de personnes constitue un pas supplémentaire dans la consolidation et la concentration du secteur mutualiste.

Et ce n’est pas fini. Les dirigeants de Vyv, qui affichent de fortes ambitions sur les entreprises de plus de 1 000 salariés ainsi que sur les conventions collec­tives nationales, voient, d’ores et déjà, enco­­re plus loin. « Derrière ce projet, il y a l’idée, à plus à long terme, de créer un grand pôle de l’économie sociale qui engloberait aussi des mutuelles d’assurance », répétait ainsi, le 13 septembre dans les colon­­nes de nos confrères des Échos, François Venturini, le DG du nouvel ensemble.

Devenir plus grand et plus fort, élargir sa palette d’activités ? C’est désormais le credo de tous les gros du secteur. En France mais aussi aux quatre coins du monde. De l’autre côté de la planète, un autre géant est ainsi en train de fourbir ses armes. Dans la torpeur de l’été, le retentissement donné à cette ­information a été plutôt faible chez nous, mais elle est symptomatique des convoitises que ­l’assurance attise auprès d’acteurs qui lui sont extérieurs (pour l’instant du moins). Après avoir déjà signé un partenariat avec Axa en 2016 afin d’explo­rer, ensemble, des opportunités de distribution de produits et de services de la ­compagnie, Alibaba – pour la faire simple, le Amazon chinois – a mis la main sur la division asiatique de l’assureur vie américain Mass­Mutual, l’une des plus anciennes compagnies d’assurance, outre-Atlantique.

Montant de l’opération menée via la société de capital-investissement de son propriétaire, le milliardaire Jack Ma : 1,7 Md€. Objectif ? « Bâtir son propre écosystème financier. » Ni plus ni moins.

Un géant de l’Internet venant chasser sur les terres de l’assu­rance… Ça ne vous rappelle rien ? Il y a un peu plus d’un an, juste avant qu’il ne prenne ses fonctions de directeur général d’Axa, Thomas Buberl annonçait que les concurrents de demain n’étaient pas seulement ceux d’aujourd’hui mais bien les Google, Facebook, Amazon ou Apple. Les fameux Gafa. De par leur puissance financière, mais aussi grâce à leur expertise en matière de relations clients et leur art du traitement de données à très grande échelle. Un point essentiel à l’heure du big data. Pour l’instant, les assureurs ont de quoi voir venir. L’offensive reste discrète, voire timide, Google, par exemple, ayant abandonné son compa­rateur d’assurances en février 2016. Mais de combien de temps sera le répit ? Alibaba ne vient-il pas de nous rappeler que c’est toujours à l’Est que le jour se lève… ?



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article extrait de l’argus de l’assurance

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