Course à l'échalote

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Olivier Baccuzat<br>Rédacteur en chefolivier.baccuzat@infopro-digital.com
Olivier Baccuzat
Rédacteur en chefolivier.baccuzat@infopro-digital.com
Laetitia Duarte
MAGAZINE  

Un frémissement ? Les résiliations ­d’assurance emprunteur dans le cadre de la loi Hamon seraient en hausse à en croire le courtier en prêts immobiliers meilleurtaux.com. Ce droit à changer de contrat dans les 12 premiers mois est effectif depuis… janvier 2015. Autant dire qu’il faudra attendre encore un peu pour ­évaluer l’impact supplémentaire de la résiliation annuelle, effective depuis le 22 février dernier pour les nouveaux emprunteurs, et qui sera applicable à tous au 1er janvier 2018. Désireux de favoriser la concurrence sur un marché archi-­dominé par les banques, le légis­lateur voit, à travers ces ­différentes mesu­res, un moyen de redonner du pouvoir d’achat aux futurs propriétaires, grâce à des primes moins élevées.

La question est de savoir dans quelle proportion les choses vont bouger. L’appétit des ­assureurs n’a pas tardé à se manifester et, surtout, à se concrétiser. Agitant les économies potentiellement réalisables en cas de changement de contrat, leur angle d’attaque pour attirer le chaland est le même que celui des politiques : le fameux pouvoir d’achat.

Moins d’une semaine après l’entrée en vigueur de la résiliation ­annuelle (pour les nouveaux emprunts ­seulement), Allianz a dégainé une offre 100 % digitale. Baptisée Assurance Emprunteur, celle-ci permet d’obtenir, dixit l’assureur, une offre de souscription en ligne personnalisée en 15 minutes chrono avec, en prime, l’acceptation de son ­dossier médical (dans 80 % des cas). Gain moyen pour l’assuré selon la compagnie : 5 500 € ! À voir. Ce n’est qu’un exemple. Des offres d’assureurs, il devrait en pleuvoir d’ici à la fin de l’année, ce qui laisse augurer une surenchère de promesses, toutes plus mirifiques les unes que les autres.

Tout cela laisse augurer une surenchère d’offres d’assurance emprunteur, toutes plus mirifiques les unes que les autres.

Gare, cependant, au retour de manivelle ! Face à des assureurs qui vont, si ce n’est casser les prix, produire des offres plus intéressantes, les banquiers, on s’en doute, ne vont pas laisser la concurrence piétiner leurs plates-bandes sans réagir. Eux aussi vont certainement baisser leurs tarifs. À moins que, pour rendre le client encore plus captif, ils n’actionnent le levier de leurs taux de prêts immobiliers. L’un dans l’autre, pas sûr, par conséquent, que les numéros uns du marché perdent tant de terrain que cela sur leur quasi-chasse gardée. Deuxième écueil, enfin, et pas des moindres : comme L’Argus de l’assurance s’en est déjà fait l’écho, d’aucuns craignent que cette course à l’échalote n’entraîne davantage de dému­tualisation, et ne profite, in fine, qu’aux emprunteurs jeunes, riches et/ou bien portants. Ce profil n’est pas tout à fait celui du Français moyen dont le coût de l’assurance emprunteur pourrait bien finalement… ne pas baisser à l’arrivée !



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article extrait de l’argus de l’assurance

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