Les élections, c'est tout le temps !

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©BERNARD MARTINEZ
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Le 6 novembre 2012 (aux États-Unis), puis à l'automne 2013 (en Allemagne), sans parler du printemps 2015 (au Royaume-Uni) succéderont au 6 mai 2012 (en France) ou au 20 novembre 2011 (en Espagne) : la démocratie est ainsi faite qu'à l'échelon international le monde économique, financier et monétaire est en perpétuelle période électorale. Dernière illustration en date : le traditionnel rendez-vous de Jackson Hole, dans le Wyoming. Ce grand rassemblement estival des têtes pensantes de la planète finance a, semble-t-il, déçu. Beaucoup attendaient des annonces fracassantes de Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, eu égard à la situation mondiale. Mais rien. Est-ce en raison de l'absence de Mario Draghi, président de la BCE, qui a prétexté une surcharge de travail pour s'économiser le déplacement ? Est-ce parce qu'il craint de devoir laisser son siège en cas de victoire des républicains le 6 novembre ? Toujours est-il que les spécialistes se disent perplexes face à tant d'atonie.

D'autant que les voyants passent tous progressivement au rouge. Il y a quelques jours, l'agence Reuters publiait son enquête mensuelle montrant que si la zone euro vient d'échapper de justesse à la récession sur les six premiers mois de l'année, les perspectives tablent sur du négatif pour la suite, y compris en 2013. Pendant ce temps, Standard et Poor's estimait non plus à 20%, mais à 25%, le risque de voir les États-Unis entrer en récession. Et comme les périodes électorales produisent partout la même hypersimplification des faits et la tendance à la stigmatisation des autres, la crise de la zone euro est présentée outre-Atlantique comme le premier risque, voire comme des « vents contraires » selon l'expression précise de Barack Obama, président des États-Unis (et candidat démocrate à sa propre succession). Sans plus attendre, les Européens, particulièrement les Allemands, les Britanniques et les Français, apportent de l'eau à son moulin en déclarant majoritairement à l'Institut Harris que « oui, décidément, la Grèce doit sortir de la zone euro ». Mieux, il y a quelques jours, le ministre des Affaires étrangères finlandais, Erkki Tuomioja, tenait des propos qui firent sensation : « Nous devons nous préparer ouvertement à la possibilité d'un éclatement de la zone euro. » Paroles du dernier AAA de la zone euro, libre de s'exprimer puisque l'élection présidentielle date de janvier 2012 !

Depuis le début de la crise, les assureurs nient la possibilité d'un tel éclatement tant les conséquences seraient catastrophiques. Néanmoins, ils ont tous pris des dispositions, ramenant prioritairement leurs actifs obligataires sur de la dette nationale ou du corporate et limitant au minimum leur exposition aux obligations souveraines les moins bien notées. Et chacun, à mots couverts, redoute le poids de l'opinion publique capable de faire tanguer l'euro au point d'en précipiter sa chute.

Les assureurs ont réduit leur exposition aux obligations les moins bien notées, et ramené leurs actifs sur de la dette nationale ou du « corporate ». 

 

 

 



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article extrait de l’argus de l’assurance

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