Les nuages au bon endroit...

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ANNE LAVAUD, rédactrice en chef
ANNE LAVAUD, rédactrice en chef
©BERNARD MARTINEZ
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Été 1986 : le nuage de Tchernobyl s'arrête aux frontières de l'Hexagone, démontrant ainsi la capacité des Français à maîtriser le cours des nuages ! Vingt-six ans plus tard, la menace est numérique, et l'objectif est plutôt de garder le « cloud » dans les clous bien au coeur du territoire. Il faut dire que les enjeux sont majeurs et que l'Oncle Sam, maître du cloud computing (1), peut à tout moment faire main basse sur l'ensemble des données, confidentielles ou non, stockées dans ses nuages, ou plutôt les serveurs de Google, d'Amazon... implantés aux États-Unis. Le moyen n'est autre que le Patriot Act, loi votée après les attentats du 11 septembre 2001. Elle inquiète tant et si bien les autres nations que naissent ça et là des projets aux ambitions résolument souveraines au risque de concurrencer les initiatives privées.

C'est ainsi qu'en France 150 M€ viennent d'être investis par la Caisse des dépôts pour mener à bien deux projets : l'un, Numergy, regroupe SFR et Bull ; l'autre, Clouwatt, Orange et Thalès. Ensemble, ils devraient répondre à une tendance observée par le cabinet (américain) Markess international, qui prévoit qu'une entreprise française sur trois utilisera cette année au moins l'un des services du cloud computing, permettant à ce marché d'atteindre, en France et en 2012, 2,7 Md€ de chiffre d'affaires, en hausse de 21%. Une croissance qui fait rêver, mais qui reste encore en deçà des prévisions mondiales, lesquelles estiment à 270 Md$ le chiffre d'affaires de ce secteur d'activité en 2020, grâce à des bonds annuels de 30% !

Et cela ne se fera pas sans les assureurs. En effet, les principaux utilisateurs sont à chercher du côté de ceux qui conservent et traitent d'importantes quantités de données... et qui souhaitent réaliser des économies. La Commission européenne ayant estimé que le cloud computing réduirait 10 à 20% les coûts globaux de 80% des entreprises. Voilà donc les assureurs potentiellement clients. Surtout, cette nouvelle manière de stocker, de traiter et d'appeler ses données ponctuellement génère de nouveaux risques qu'il convient d'assurer. Car non seulement les « cloudettes » attendent une responsabilité civile adaptée, mais aussi des garanties dommages couvrant les frais liés aux pertes de données. Et voilà des assureurs avec de nouveaux clients potentiels !

1. Délocalisation du stockage et du traitement des données vers des serveurs distants sur Internet.

... et les bottes à l'envers ! Vous êtes nombreux à m'avoir écrit suite à mon édito de la semaine dernière. L'objet de vos mails portait sur la botte de Nevers que j'ai prêtée aux Trois mousquetaires de Dumas, alors qu'elle appartient au Bossu de Paul Féval. Une erreur grossière qui m'a permis de mesurer votre vigilance et votre fidélité, ce dont je vous remercie.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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