Terme électoral

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Anne Lavaud Rédactrice en chef<br>alavaud@argusdelassurance.com

Anne Lavaud Rédactrice en chef
alavaud@argusdelassurance.com
©BERNARD MARTINEZ

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«Les États membres interrogent la Banque centrale européenne sur la France », évoque, en aparté des Rencontres Patrimoine Infos, Philippe Moutot, directeur général adjoint économie et directeur de la politique monétaire de la BCE. Des questions qui relèvent parfois d'une certaine curiosité vis-à-vis de cette élection présidentielle au suffrage universel à laquelle se présentent tant de candidats aux programmes souvent considérés, hors de nos frontières, comme « flous », « irréalisables », voire « fantaisistes ». « Parfois la curiosité fait place au scepticisme et certains me demandent si les candidats français tiennent toujours leurs promesses »... Le responsable de la BCE reste alors sur sa réserve et laisse les marchés répondre.

Des marchés qui cèdent à une certaine nervosité alors que depuis l'apparent règlement de la crise grecque ou encore la perte du AAA Français en janvier, les places mondiales avaient plutôt bien tenu. Attention, le verdict des urnes attendu le 22 avril puis le 6 mai n'est pas, tant s'en faut, le seul responsable de ces nouvelles angoisses. D'autres paramètres inquiètent : le cinquième trimestre successif du ralentissement économique de la Chine qui voit sa croissance sur un an tomber à 8,1%, ou encore le taux des obligations souveraines espagnoles qui passe au-dessus du cap des 6%, seuil au-delà duquel les analystes jugent la situation insoutenable. D'autant que, pendant ce temps, la Grèce enregistre le trentième mois consécutif de baisse de son indice de production industrielle, alors que de nombreux observateurs estiment les exigences du deuxième plan de rigueur irréalistes. Bref, le spectre du défaut de la Grèce refait surface et, avec lui, le risque systémique.

Ainsi, la peur reprend de la voix alors que le lancement d'Euro-OAT-Futures fait monter la clameur de la spéculation. On doit ce contrat à terme sur la dette française à Eurex, une société privée allemande spécialisée dans les produits dérivés, qui dispose déjà d'une offre similaire pour les dettes allemande et italienne. Montés sans interdiction ou autorisation gouvernementale, ces contrats privés permettent de fixer à l'avance le prix de rachat ou de vente. Ses détracteurs crient à la spéculation, ses défenseurs évoquent une sorte d'assurance. Est-ce cela qui a fait dire à Philippe Tibi, président de l'Amafi, l'association française des marchés financiers (1), qu'« il y a des institutions financières, au premier rang desquelles l'assurance vie que détiennent 15 millions de ménages français [...] qui peuvent avoir convenance de s'assurer contre une baisse ». Ce que l'histoire ne dit pas, c'est si, pour certains investisseurs, le terme est fixé au 7 mai !

1. Radio classique, le 16 avril 2012.


 


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