Une agence chasse l'autre

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ANNE LAVAUD

ANNE LAVAUD
©BERNARD MARTINEZ

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Le 1er mai, alors que la France défile entre les deux tours de l'élection présidentielle, un décret signé du président de la République (Nicolas Sarkozy) nomme le professeur Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Et ce dans l'indifférence générale, alors que l'événement ne tient ni du hasard ni du détail.

Rappelons-nous : en février 2011, l'affaire du Mediator pousse le gouvernement à donner le signal du « changement »... du moins dans le circuit du médicament ! C'est alors que ce professeur en cancérologie est nommé pour engager une réforme en profondeur de l'Afssaps (1), dont les disfonctionnements avaient, semble-t-il, servi les différents protagonistes de ce scandale.

Aujourd'hui, cette nouvelle agence du médicament, officiellement créée le 29 avril après publication au Journal officiel, reprend toutes les missions et obligations autrefois exercées par l'Afssaps... sauf que, « promis ! », la transparence s'impose pour les autorisations de mise sur le marché (AMM) et la gestion des conflits d'intérêts s'exerce désormais avec une vigilance extrême. Mieux : pour atteindre cet objectif éthique et malgré les tendances à l'austérité, l'ANSM s'est vu dotée d'un budget de 157 M€ en 2012, contre 125 M€ un an plus tôt !

Ainsi, le nouveau gouvernement dispose d'une nouvelle instance plus chère et 100% voulue par le gouvernement précédent, puisque les députés socialistes n'avaient pas voté la loi l'instaurant, en décembre dernier. Et comment ne pas s'interroger sur son avenir à la lumière des nombreuses et répétitives déclarations d'Arnaud Montebourg, dénonçant l'abondance de médicaments en France et estimant que 500 suffiraient quand on nous en propose 5 000 !

Un débat qui prend tout son sens alors que s'ouvre, au pénal, le procès contre les Laboratoires Servier pour « tromperie aggravée » dans l'affaire du Mediator, un médicament soupçonné d'avoir tué 500 à 2 000 personnes. Reste à savoir si la nouvelle agence, qui pourrait bien être l'ex-nouvelle agence, aurait pu éviter cela. En espérant qu'elle n'ait jamais l'occasion de nous le démontrer.

1. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.


 


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