Voyager couvert

Par - Publié le

,

Olivier Baccuzat
Rédacteur en chef<br> olivier.baccuzat@infopro-digital.com
Olivier Baccuzat Rédacteur en chef
olivier.baccuzat@infopro-digital.com
Laetitia Duarte
MAGAZINE  

L’un des surnoms de la Thaïlande est le « Pays du sourire ». Pourtant, très bientôt, l’accueil sera nettement moins chaleu­reux pour les touristes qui s’y r­endraient en vacances et ne bénéficieraient pas d’une assurance voyage. Dans très peu de temps, celle-ci sera en effet obligatoire. À l’instar de ce qui se fait déjà pour la Chine, la Russie, l’Algérie ou Cuba. Des pays pour ­lesquels l’obtention d’un visa, en ambassade ou en consulat, passe nécessairement par la présentation – entre autres – d’une attestation d’assurance. À défaut de pouvoir présenter des garanties minimales en ce qui concerne d’éventuelles dépenses de santé, d’hospi­ta­lisation ou de rapatriement, tout visiteur risque d’être refoulé par les douaniers du cru et, de fait, de se voir refuser l’accès sur le ­territoire.

La Thaïlande, qui attire chaque année près de 30 millions de touristes dont environ 700 000 Français, s’apprête donc à en faire de même. La raison ? Le coût annuel – 88 M$, soit quelque 78 M€ – généré par la prise en charge médicale, dans les hôpitaux publics locaux, des ressortissants étrangers bénéficiant, ou non, d’une couverture ad hoc. On ne parle pas là du tourisme médical pratiqué dans les hôpitaux privés (et dans ­lesquelles de nombreuses prestations font l’objet d’une avance des frais), mais de soins d’urgence ­pouvant être pratiqués dans un pays qui réserve parfois quelques surprises. La Thaïlande est en effet l’un des États où le risque routier est l’un des plus élevés. Chaque année, le Quai d’Orsay déplo­re d’ailleurs le décès de plusieurs dizaines de ressor­tissants français lors d’accidents de la circu­lation, particulièrement en deux-roues.

La prise en charge des ressortissants étrangers ? Dans l’Hexagone, cette question resurgit souvent au moment des élections, se focalisant sur l’aide médicale d’État, qui permet aux personnes en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Un dispositif qui, même s’il peut générer des abus, est toujours jugé à l’aune de ce qu’il coûte et non de ce qu’il apporte d’un point de vue humanitaire.

À l’inverse, il est un sujet dont on parle peu et qui mériterait pourtant qu’on s’y penche du point de vue comptable : c’est celui de l’ardoise laissée derrière eux par des patients étrangers ne résidant pas en France. Les chiffres avaient fait grand bruit à l’époque : selon le seul chiffrage jamais rendu public par l’Assistance-Publique des Hôpitaux de Paris (39 établissements), les sommes non recouvrées par les hôpitaux de l’AP-HP auprès de patients résidant à l’étranger, ou de leurs assureurs, ­s’élevaient à 118,6 M€ en novembre 2014. Parmi ces patients, certains ne sont pas forcément ­solvables mais d’autres, venant des États-Unis, de Belgique ou d’Italie, le sont plus sûrement. Problème, ­impossible de recouvrer cet argent une fois les mauvais payeurs rentrés dans leur pays d’origine. Sans nécessairement se montrer aussi radicaux que leurs homologues thaïlandais, les pouvoirs publics français pourraient peut-être se pencher sur le sujet, non ?



Effectuer une autre recherche

Rechercher

article extrait de l’argus de l’assurance

Tous les vendredis, l’information de référence
des institutionnels et des réseaux
 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous