Irma : la difficile tâche des experts sur les îles sinistrées

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Les experts commencent à peine leur travail de reconnaissance sur Saint Martin. Les Antilles ne comptent que 40 experts.


ENA-POOL / SIPA
Après le passage dévastateur de l’ouragan Irma le 6 septembre 2017 sur les îles de Saint Martin et Saint Barthélemy, place au deuil… et à la douloureuse évaluation des pertes. La profession de l’assurance, par la voix de la FFA, s’est engagée à faciliter la déclaration de sinistres « par tous les moyens » et au-delà du délai réglementaire (10 jours à compter de la déclaration de catastrophe naturelle). Les assurés ont ainsi jusqu’au 15 octobre pour déclarer leurs sinistres, rappelle la FFA ce lundi 18 septembre dans un communiqué.
 
Mais, avant de débuter le processus d’indemnisation, il est une étape incontournable : l’expertise des dommages subis qui devraient atteindre, selon la modélisation de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), 1,2 Md€. Une lourde tâche rendue complexe par les difficultés d’accès et de déplacement sur ces îles où les communications commencent à peine à reprendre. « Le début de crise a été sensible à gérer en raison de la rupture des moyens de communication, de l’interruption des transports et de la destruction des logements », relève Florence Bernetti, directrice générale du cabinet d’experts Adenes.
 
Difficultés d'accès
Peu d’experts ont ainsi pu se rendre sur place. « Certains experts ont dû prendre des voiliers pour se rendre sur ces îles. J’ai même des clients qui n’ont toujours pas pu constater les dégâts subis par leurs maisons car les vols commerciaux ont été coupés », raconte Eric Petrellozi, courtier basé en Guadeloupe, possédant des clients, en particulier des hôtels à Saint Martin et Saint Barthélemy. Sur son portefeuille de clients, « seules 4 ou 5 expertises ont pu être réalisées à ce jour », témoigne-t-il. 
 
Avant de pouvoir se rendre sur place, les experts ont dû recevoir l’autorisation de la préfecture, une liste lui ayant été communiquée. Mandaté sur place lundi 11 septembre par Allianz et Groupama - assureurs les plus présents sur ces îles aux côtés de GFA Caraïbes, la filiale de Generali France -  le cabinet Adenes a pu envoyer un premier expert en reconnaissance, puis positionner une équipe à Saint Barthélémy où les routes avaient été déblayées. En revanche, le travail des experts débute seulement sur Saint Martin, où 90% du bâti a été détruit ou endommagé selon Saretec. Selon les estimations réalisées par Adenes, 10.000 à 15.000 contrats multirisques habitation et 1.000 contrats professionnels et entreprises sont, au total, concernés sur Saint Martin et Saint Barthélémy.
 
Un nombre d'experts insuffisant
La tâche sera également difficile en raison de la situation « atypique » dans les Antilles en raison de "l'ampleur de la sinistralité et la problématique logistique lourde" et où "le nombre d’experts est insuffisant par rapport aux besoins réels", souligne Florence Bernetti. Selon le groupe CET, qui dit avoir mandaté «une dizaine d’experts sur place », on recense 40 experts dans les Antilles. Du renfort devrait donc être nécessaire. La FFA indique que près de 80 autres experts «rejoindront très prochainement » ceux qui sont déjà à l’œuvre sur le terrain.
 
Comme à chaque crise, les experts d’assurés, qui sont eux directement sollicités par les assurés, et offrent une « expertise contradictoire», sont également à pied d’œuvre. Des cabinets membres de la Fédération des Experts d’Assurés (FEDEXA) ont ainsi envoyé sur place une équipe de 5 experts d’assurés, « prochainement complétée par 3 autres personnes ». Cette cellule a également mis en place un numéro de téléphone direct pour accompagner les sinistrés dans leur démarche.
 
Après Irma, la profession reste mobilisée pour le passage de Maria qui doit frapper demain la Guadeloupe et la Martinique. D’après le NHC, le service de météo américain, l’ouragan devrait passer en catégorie 4 au moment de franchir l’arc antillais. La Martinique a été placée en alerte « violette » cyclonique, le niveau maximal, ce lundi 18 septembre au soir. La Guadeloupe est, elle, en alerte rouge cyclonique.
 


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