Risque agricole : l’assurance contre les aléas climatiques peine à décoller

Par - Mis à jour le 14 juin 2017, à 17h 41 - Publié le

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Une mission interministérielle constate que les agriculteurs sont encore trop peu nombreux à s’assurer au-delà du risque de grêle.


ARENYSAM/FOTOLIA

Comment gérer les risques agricoles ? Alors que les inondations et les épisodes de grêle de l’été 2016 ont généré 820M€ de dégâts assurés chez les agriculteurs selon la FFA, l’assurance récolte peine encore à se généraliser : seuls 25% des cultures de vente (grandes cultures et viticulture) sont aujourd’hui assurées contre les risques climatiques.

Une mission interministérielle du Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER) et de l’Inspection Générale des Finances (IGF) constate ainsi qu’en dépit de la hausse de la subvention publique, à 65%, « l’assurance multirisques climatiques a une diffusion limitée auprès des agriculteurs, cantonnée surtout aux céréaliers et à la viticulture », a expliqué Vincent Lidsky, inspecteur général des Finances de l'IGFlors de la journée « CCR Cat » le 8 juin.

Les agriculteurs auraient ainsi tendance à ne s’assurer que contre les épisodes de grêle et mesureraient leur coût d’opportunité en termes de retour sur investissement. « Un agriculteur ne s’assure que s’il pense récupérer au moins l’équivalent de la prime versée », précise Vincent Lidsky.

Collecte de données

La mission interministérielle préconise donc de mener un travail de collecte de données propres au risque climatique agricole tel qu’il a été fait pour l’assurance dommages aux biens et de renforcer la prévention. « Les actions de prévention des agriculteurs sont pour l’heure inégalement prises en compte dans les tarifs des assureurs et il faut renforcer la coopération avec les équipementiers », souligne Vincent Lidsky.

Un contrat socle, dit aussi « assurance coup dur », qui intègre un premier niveau de couverture subventionné jusqu’à 65%, a été lancé par les pouvoirs publics en 2016. « Il faudra attendre pour le juger sur pièces ». Le bilan de l’année 2017 permettra de tirer des conclusions, met en avant Vincent Lidsky. En particulier, si l’assurance récolte est bien diffusée et satisfaisante, les subventions publiques pourraient être réduites. En revanche, si le constat persiste, la mission propose de s’orienter vers un système « à l’espagnole » dans lequel l’octroi des aides publiques serait conditionné à la couverture assurantielle de l’agriculteur, ou bien à un encadrement des tarifs comme le pratique l’Italie.

"Moins de soutien public"

De façon générale, « il faut aller vers moins de soutien public et plus d’anticipation de l’assurance », selon Georges-Pierre Malpel, inspecteur général de l'agriculture, autre membre de la mission, qui considère que la problématique repose sur l’implication des agriculteurs. Ces derniers dénoncent des couvertures assurantielles inadaptées à leurs besoins. Georges-Pierre Malpel préconise la possibilité pour les agriculteurs de constituer une épargne de précaution défiscalisée afin de compenser les mauvaises années de récolte par les bonnes.

La FFA, elle, propose de passer de 25 à 70% des exploitations assurées, en affectant 500M€ de subventions de la PAC (Politique Agricole Commune). La mission interministérielle encourage les expérimentations des assureurs, comme l’assurance prairies développée notamment par Aviva France et Pacifica, ou encore l’assurance chiffre d’affaires testée par Groupama.

 



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