Risques politiques : les efforts des "mauvais élèves" fragilisent leurs voisins

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Aon Risk Solutions, la division de gestion des risques du courtier, a publié sa carte des risques politiques en 2016 pour les marchés émergents. Les « poids lourds » du risque politique (Iran, Ethiopie, Chine, Pakistan) voient leur situation s’améliorer, mais ce n’est pas sans conséquences pour d’autres Etats fragiles.

La carte des risques politiques 2016 pour les marchés émergents, publiée par Aon Risk Solutions, souligne que « les poids lourds » du risque politique (Iran, Ethiopie, Chine, Pakistan) voient leur situation s’améliorer, « pour la première fois depuis des années », commente Louis Bollaert, directeur crédit, risque politique et caution chez Aon France, qui précise que la situation devrait également s’améliorer « bientôt » pour Cuba et l’Argentine. C’est le « résultat encourageant de réformes et d’évolutions politiques et économiques, qui devront être poursuivies pour entériner cette tendance positive », précise-t-il. « Pour autant, l’impact de la baisse durable du prix des matières premières sur l’économie mondiale pourrait avoir des répercussions considérables sur la stabilité politique de certains pays, qu’il s’agisse des pays producteurs ou de leurs voisins. »
 

iran: La levée des sanctions réduit les risques... avec des répercussions sur ses voisins


La levée de certaines sanctions internationales améliore la note de l’Iran. « Cependant, le rôle que seront amenés à jouer les gardes révolutionnaires et certains édiles dans l’économie iranienne n’est pas encore défini, et donc l’environnement opérationnel reste flou », précise le rapport d’Aon Risk Solutions qui rappelle également qu’une position plus ferme du gouvernement pourrait conduire à une intervention iranienne ailleurs dans la région, non sans répercussions les risques politiques régionaux. « Les sanctions économiques, embargo en tête, sont en passe de devenir le recours préférentiel des gouvernements, avec pour corollaire une forte augmentation de l’imprévisibilité sur le Grand Export », analyse Ben Heaney, responsable du département Risques politiques chez Aon France.

 

Le paradoxe de la lutte anti-corruption en Chine


Les efforts de la Chine en matière de lutte anti-corruption ont contribué à réduire les risques politiques en Chine. « Toutefois, les récents problèmes de mise en œuvre de ces mesures et l’incertitude politique ont assombri le tableau », alerte le rapport d’Aon Risk Solutions. « Le rééquilibrage et le ralentissement de la deuxième économie mondiale semblent représenter des défis pour les voisins et les partenaires commerciaux de la Chine ». Ces derniers pourraient connaître une augmentation des risques politiques et économiques du fait du changement de rythme et de composition de la croissance chinoise.
 

Le prix bas du pétrole aggrave la fragilité existante sur les pays pétroliers


Enfin, l’impact des prix de l’or noir dans les marchés exportateurs de pétrole déjà fragilisés tels que l’Irak, la Libye, la Russie et le Venezuela, est en tête des risques politiques auxquels sont confrontés les investisseurs sur les marchés émergents en 2016. Les prix bas du pétrole exacerbent les risques de non-transfert des devises, exercent une pression sur les entreprises et les individus confrontés à des besoins de change et découragent les investisseurs. En parallèle, les revenus plus faibles augmentent le risque de non-paiement de la dette souveraine. Les déficits budgétaires gouvernementaux augmentent et exercent une pression sur les banques qui, en retour, durcissent le crédit dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), les pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) et les pays africains producteurs de pétrole. « Dans certains pays plus vulnérables, les arriérés du gouvernement augmentent et exercent une pression encore plus forte sur le secteur privé », alerte Aon Risk Solutions.



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