Assurance vie : comment les assureurs manœuvrent dans un environnement de taux bas (étude ACPR)

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L’ACPR vient de publier une analyse du marché français de l’assurance vie dans le contexte de taux bas. Même si les assureurs se montrent prudents, le régulateur continue de surveiller de près la situation des organismes d’assurance, compte tenu de l’incertitude sur l’évolution des taux d’intérêts.

L'ACPR a analysé le marché de l'assurance vie en France dans l'environnement de taux bas.
L'ACPR a analysé le marché de l'assurance vie en France dans l'environnement de taux bas.
LAETITIA DUARTE

Pour l’ACPR, les assureurs vie sont prudents dans le contexte de taux bas. Elle indique, dans une analyse publiée sur son site internet qu’ « en provisionnant davantage, les assureurs tiennent dans l’ensemble compte du fait que les revalorisations passées des contrats d’assurance vie ne sont plus compatibles avec le niveau durablement bas des taux d’intérêt et se préparent à une éventuelle remontée rapide de ces derniers ».

En effet, depuis plusieurs mois, les taux d’intérêts très bas pèsent sur la revalorisation des produits d’assurance vie contraignant les assureurs à augmenter la provision pour participation aux bénéfices pour lisser, dans le temps, les rendements servis aux assurés. Concrètement, le taux de rendement de l’actif des assureurs diminue plus vite que le taux de rendement servis.

Vers des placements plus risqués

Selon l’ACPR, le taux de rendement de l’actif est passé de 5,1% en 2006 à 3,4% en 2015, en raison de la baisse des revenus récurrents. « En particulier, le taux moyen des emprunts d’Etat, qui constitue environ 30% des portefeuilles des assureurs […] a fortement diminué, passant de 3,9% à 0,9% en moyenne annuelle entre 2006 et 2015 », relève-t-elle. En outre, le régulateur a relevé que sur les trois dernières années, les assureurs avaient eu tendance à réduire leurs placements en obligations au profit d’actifs non amortissables (actions, assimilés, immobilier) avec une espérance de rendement plus élevé. A partir de l’analyse des rendements escomptés des 15 principaux assureurs français, l’ACPR a pu estimer que le taux de rendement de l’actif connaitrait une baisse d’environ 20 points de base par an d’ici 2025.

Outre la dotation plus forte des réserves, le régulateur relève dans son analyse que les assureurs vie ont adapté leur activité en privilégiant la souscription d‘unités de compte par rapport à des versements sur des supports en euros et qu’ils se sont orientés davantage vers les activités de prévoyance. Enfin, qu'ils ont également modifié leur politique d’investissement, vers des titres plus rémunérateurs, plus risqués et moins liquides.

L’ACPR identifie plusieurs risques pour les assureurs

Mais la dilution de l’actif des assureurs générée par les taux bas augmente ce qui conduit l’ACPR a identifier un certain nombre de risques identifiés pour les assureurs :

  • un risque de rachat massif en cas de hausse brutale des taux d’intérêts ;
  • un risque de coût de fonctionnement pour les acteurs qui ne prélèvent pas des charges suffisantes sur leurs encours;
  • un risque d’engagement de taux en cas de garantie de taux technique élevé ou d’engagement de versement immédiat des bénéfices). 


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