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Assurance vie : la FFA met en garde les candidats à la présidentielle

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Selon un sondage commandé par la Fédération française de l’assurance (FFA), les Français rejettent tout alourdissement de la fiscalité de l’assurance vie. Avec ses 1600 Md€ d'encours, cette épargne stimule régulièrement l'imagination des politiques. Surtout en période électorale...

Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance :
Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance : "L'assurance vie sert massivement à financer les entreprises ".

Les assureurs sont les spécialistes de la prévention, y compris en matière de fiscalité. A la suite de l’élection de François Hollande en 2012, la Fédération française des sociétés d’assurance et son président, Bernard Spitz, avaient dû batailler pendant plusieurs mois pour éviter un alourdissement de l’imposition de l’assurance vie. Un bras de fer avec le gouvernement qui avait in fine débouché sur la création de l’eurocroissance. Pour cette présidentielle 2017, la nouvelle Fédération française de l’assurance (FFA) a donc décidé de prendre les devants. « Les candidats ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas », prévient ainsi Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos.

Forte opposition à la Flat Tax...

L’enquête réalisée par l’institut de sondage pour le compte de la FFA révèle effectivement que les Français sont largement hostiles aux idées agitées par certains candidats. Pas moins de 77% des personnes interrogées sont ainsi opposées à un alignement du taux d’imposition de l’assurance vie sur les autres produits d’épargne, à savoir la « Flat tax » défendue par le candidat à la présidentielleEmmanuel Macron. «Un refus partagé par toutes les branches de la population et les sympathies partisanes», souligne Brice Teinturier.

... et au fléchage de l'épargne


Idem pour le fléchage de l’épargne. Le programme de Marine Le Pen prévoit de «diriger une part de l’assurance-vie (2%) vers le capital-risque et les startups». Or les épargnants s’avèrent totalement allergiques à l’idée d’investir leurs bas de laine dans des actions d’entreprises : 78% des détenteurs d’assurance vie y sont opposés et si la loi venait à leur imposer d’investir une partie de leur contrat «vers certains actifs risqués comme les petites ou moyennes entreprises», 56% d’entre eux réduiraient ou retireraient leur épargne.
 

La loi Sapin inquiète les assurés


Attention, le sujet est sensible. Pas moins de 62% des Français ont confiance dans l’assurance vie, un indice qui grimpe à 82% parmi les assurés, un taux exceptionnel «dans une société ultra-défiante», relève Brice Teinturier. Mais ils réagissent au moindre faux pas. D’après l’enquête Ipsos, la nouvelle disposition de la loi Sapin 2, qui permet de suspendre les rachats en cas de risque systémique grave, inquiète 45% des personnes interrogées et incite 43% des détenteurs de contrats à infléchir, voire retirer leur épargne !


L'immobilier au détriment des entreprises


«Il faut être très respectueux du contrat de confiance», insiste le président de la FFA, Bernard Spitz. Traduction : le futur gouvernement doit s’abstenir de toute nouvelle contrainte ou hausse de la fiscalité. Là aussi le sondage est sans appel : si cette fiscalité se révélait à l’avenir moins avantageuse, deux tiers des personnes interrogées se détourneraient de cette forme d’épargne. «Ils se tourneraient vers l’immobilier, un placement à l’anti-thèse du financement de l’économie», commente Stéphane Dedeyan, directeur général délégué de Generali et président de la commission des assurances de personnes de la FFA. En sachant comme le répète inlassablement la fédération de l'assurance que 59% des investissements des assureurs financent les entreprises.
 

Les assureurs ouverts à des évolutions


N’allez pas croire pour autant qu’assureurs riment avec conservateurs. La FFA n’est pas opposée à des évolutions sur l’assurance vie, bien au contraire. Elle propose notamment d’instaurer un avantage fiscal supplémentaire au-delà de 12 ans de détention. Une mesure largement approuvée par les épargnants : 42% des détenteurs d’assurance vie conserverait leur contrat au moins jusqu’à cette nouvelle période et 24% d’entre eux augmenteraient leurs versements. Reste au prochain gouvernement de trouver, dans un cadre budgétaire complexe, les moyens de financer cette nouvelle niche fiscale que certains pourraient qualifier d’effet d’aubaine, dans la mesure où la durée moyenne de détention d’un contrat est déjà aujourd’hui de 11 ans. 


 


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Bernard Spitz

Bernard Spitz

Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA)

Bernard Spitz est né en 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1983 : diplôme en finance de l'ESSEC Business School. 1984 : diplôme en service public de Sciences Po. 1986 : diplôme de [...]

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Stéphane Dedeyan

Stéphane Dedeyan

Directeur général délégué de Generali France

Stéphane Dédeyan est né en octobre 1965 . Diplôme de l'École des hautes études commerciales (HEC). Diplôme de l’Institut des actuaires français (IAF). 1990-94 [...]

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