Assurance vie : un taux de rendement moyen du fonds euros toujours trop haut ! (ACPR)

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L’étude annuelle de l’ACPR sur les taux de rendement des contrats d’assurance vie révèle un taux moyen de 2,27% en 2015 sur le fonds euros. Un taux jugé toujours trop élevé par rapport au contexte de taux bas.


Laetitia DUARTE

Comme tous les ans, l’ACPR révèle a posteriori le taux de revalorisation moyen des fonds euros des contrats d’assurance vie individuels. Pour 2015, il s’élève à 2,27% (net de frais, avant prélèvements sociaux et fiscaux). C’est un peu moins que l’estimation de 2,30% donnée par la Fédération française de l’assurance (FFA) en début d’année et un peu plus que les 2,25% estimés par certains experts.

Une baisse de 27 pointS de base

C’est donc un recul de 27 points de base par rapport au taux moyen annoncé par le régulateur pour 2014, 2,54%. Une baisse constante ces dernières années (2,91% en 2012, 2,80% en 2013) en lien avec la baisse des taux souverains français dont la moyenne à dix ans atteint 0,85% en 2015 (contre 1,66% en 2014) et même 0,65% sur le premier trimestre 2016.

Mais une baisse insuffisante. Comme le relève l’étude, «le recul de la rémunération des provisions mathématiques (-27 points de base) aurait pu être plus important au regard de celui observé sur les taux souverains français en 2015 (-81 points de base)».

Des appels à la prudence répétés...

La Banque de France comme le régulateur ainsi que le Haut conseil de stabilité financière n’ont cessé d’appeler «à la prudence dans la fixation des taux de revalorisation des contrats d’assurance-vie», dans un «contexte de taux bas [qui] conduit à une situation où les rendements des titres entrant en portefeuille sont inférieurs aux taux servis sur leurs polices d’assurance vie», selon les termes de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, lors de la présentation du rapport annuel 2015 de l’ACPR. Bernard Delas, vice-président de l’ACPR, avait également insisté en indiquant que : «dans une perspective de moyen-long terme, il n’est pas raisonnable de laisser penser aux épargnants qu’ils peuvent espérer bénéficier durablement à la fois de la garantie du capital investi et d’une rémunération excédant de 2 à 3 points le niveau de l’inflation».

... En partie suivis

Pourtant, la part des contrats qui ont servi un taux de revalorisation inférieur à celui de l’année précédente est de 92% contre 90% en 2014. L’étude relève également qu’en 2015, seulement 32% des contrats affichent un taux de revalorisation net supérieur ou égal à 2,5%.

Autre indicateur, en 2015, près de 76% des provisions mathématiques présentent un taux technique à 0%, contre 75% en 2014 et 65% en 2012. «Cette faiblesse des taux techniques et leur baisse en moyenne au cours du temps est un facteur d’adaptabilité des assureurs à la situation de taux bas» note l’étude.

Les bancassureurs dominent le marché de l’assurance vie

Enfin, l’étude qui repose sur les données de 82 organismes supervisés par l’ACPR représentant 1 134 Md€ de provisions mathématiques en 2015 (+ 3%) compte en 2015, 54 millions de contrats souscrits. Et comme en 2014, les bancassureurs dominent toujours le marché avec 61% du total des provisions mathématiques des contrats individuels.



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