Brexit : Paris ne sera pas la capitale européenne de l'assurance

Par - Publié le

,

,

,

,

,

,

D'ici fin mars, le gouvernement britannique doit engager la procédure de sortie de l'Union européenne. Contre tout espoir, la France ne profitera pas du Brexit pour devenir la place européenne de l'assurance. En cause, son instabilité fiscale et les incertitudes politiques.

« La France ne rassure pas », confirme un assureur de la City.
« La France ne rassure pas », confirme un assureur de la City.
Ton Snoei-fotolia

Evanoui, le rêve des assureurs français de faire de Paris la nouvelle capitale européenne de l’assurance au lendemain du vote britannique pour la sortie de l’UE. « Les Français sont devenus inaudibles », confie un interlocuteur privilégié des institutions financières de la City. Le Brexit représentait pourtant une occasion unique pour la ville Lumière. Le Royaume-Uni hors de l’Union européenne, la France devenait de facto le premier marché de l’assurance européen du haut de ses 205,7 Md€ de primes perçues en 2015.

"Sapin n’en voulait pas "

Certains, à commencer par la Fédération française de l’assurance (FFA), ont alors espéré que Paris devienne la terre d’accueil privilégiée des assureurs de la City en quête d’un point de chute en Europe. Les plus optimistes parlaient même de l’opportunité d’y rapatrier l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa), actuellement basée à Francfort. Autant d’espoirs qui paraissent bien lointains huit mois après le choc provoqué par le référendum britannique.

Il faut dire que l’entreprise avait mal commencé. Les premiers mois de discussion ont été l'objet d'une véritable bagarre au sommet de l'Etat. «Sapin n’en voulait pas. C’est le cabinet de Manuel Valls qui a poussé pour que la France se positionne ouvertement comme une alternative», confie un acteur clé du dossier. Beaucoup regrettent également "le peu" de moyens et d'ambitions des officiels français.  « Ni le Trésor, ni la FFA n’ont été proactifs sur le sujet », affirme un acteur influent de la City. Un assureur qui a participé à une réunion organisée à Bercy fin novembre n’en revient toujours pas de la manière dont les négociations ont été conduites. « Ils parlaient de l’opportunité d’accueillir le Lloyd’s à Paris, mais ils n’avaient même pas pris la peine de les rencontrer », raconte ce témoin d’un air interloqué.

"Une bataille qui n’était pas perdable"

Au-delà des moyens mis en œuvre, ce serait le climat politique actuel qui aurait fini de refroidir les éventuels postulants. « La France ne rassure pas », confirme un assureur de la City. Les institutions financières londoniennes reprocheraient principalement à l’Hexagone son instabilité fiscale. Et les incertitudes sur l’issue des élections présidentielles à venir auraient fini de rebuter les éventuels postulants qu'il pouvait rester. « Si cela se confirmait, ce serait terrible. Nous aurions perdu une bataille qui n’était pas perdable ! Le Brexit représentait une opportunité historique », lâche-t-on, amer, dans les couloirs de la FFA.

Irlande, Luxembourg et Pays-Bas

Face à la perspective de la sortie du Royaume-Uni du marché unique, confirmée par Theresa May le 17 janvier, un grand nombre d’assureurs se sont résignés à l’idée de créer une filiale sur le continent européen. Il en va notamment ainsi du marché du Lloyd’s ainsi que de l’assureur américain AIG qui doivent chacun dévoiler le nom de leurs point de chute dans les prochaines semaines. D’après nos informations, l’hypothèse d’un nouveau hubb européen, équivalent à la City, est peu probable. Les assureurs britanniques seraient plutôt en train de se répartir entre différentes places financière. « Les places les plus visées sont l’Irlande, le Luxembourg, les Pays Bas, Malte et la Belgique », indique une source à la City. Paris n'aurait "jamais été visée". Comme l’Allemagne qui serait peu considérée. « Francfort est parfois juste évoquée, surtout par principe pour montrer qu’elle a été envisagée... »

Mathieu Lehot


1 réaction

bobby | 23/02/2017 - 09H40

Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Malte, Belgique : on comprend que la France et Paris soient considérés comme fiscalement instables. L'objectif c'est bien la douceur et/ou la faiblesse fiscales des 5 contrées visées et en aucun cas la visibilité et la clarté que recherchent les "institutions financières" après le BREXIT. Rassurez-nous quand même, l'économie financière britannique intra-muros ne s'arrête pas après la mise en place dudit BREXIT ?

Signaler un abus |  CITER


Effectuer une autre recherche

Rechercher