Climat : Hollande défend une taxe Tobin pour financer la transition énergétique

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Alors que la France accueille dans onze mois la grande conférence mondiale sur le climat (Paris Climat 2015), François Hollande se veut moteur en propositions. Parmi elles, l’idée d’utiliser le produit de la taxe sur les transactions financières (dite « taxe Tobin ») pour alimenter le fonds vert pour le climat.

François Hollande plaide pour une taxe sur les transactions financières dont le produit abonderait le fonds vert pour le climat.
François Hollande plaide pour une taxe sur les transactions financières dont le produit abonderait le fonds vert pour le climat.

 

En ce début d'année 2015, le président de la République se montre offensif. Lors de son interview accordée, lundi 5 janvier, à France Inter, François Hollande a dévoilé ses ambitions concernant le devenir de la fameuse taxe sur les transactions financières, ou taxe Tobin. Objectif : sortir ce serpent de mer politique de l’impasse. Et pour cause : le 9 décembre dernier, à Bruxelles, les onze pays qui discutent de cette taxe dans le cadre d'une «coopération renforcée» au niveau européen ont constaté leur désaccord. Une opposition susceptible de retarder son entrée en vigueur au 1er janvier 2016.

LA position française decriée

Principale pierre d’achoppement : l’assiette de ladite taxe. Michel Sapin, ministre des Finances, s'était prononcé en faveur d'une taxe limitée aux actions et à certains produits tels que les credit default swap (CDS), des contrats d'assurance contre le risque de défaut de paiement. A ce jour, ils représentent 3% de l'ensemble des produits dérivés dans le monde. Mais le trading haute fréquence (exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques) était, quant à lui, épargné. Cette pratique représente pourtant entre 24% et 43% des volumes sur les actions européennes, selon l'Autorité européenne des marchés financiers. Une position jugée inacceptable pour les autres pays de la table, au premier rang desquels l’Allemagne.

François Hollande défend une assiette élargie

Lundi, François Hollande a remis en cause la position française en plaidant désormais pour une assiette «la plus large possible». Et d’ajouter : «Mieux vaut prendre tous les produits de la finance avec un taux faible pour qu’il n’y ait pas de désorganisation des marchés et qu’en même temps il puisse y avoir cette correction. » Ce nouveau discours s’inscrit ainsi en cohérence avec l’engagement numéro 7 de sa campagne de 2012 :

Il a d’ailleurs demandé à Michel Sapin de réunir, dès ce mois-ci, les onze pays favorables pour faire connaître cette nouvelle proposition.

Une taxe en faveur du climat

Ce n’est pas tout. Dans la perspective de Paris Climat 2015 («COP21»), le président de la République suggère de mobiliser le produit de la future taxe «applicable au plus tard en 2017» à la lutte contre le réchauffement climatique. Il viendrait abonder le fonds vert climat qui a franchi péniblement le seuil des 10 Md$ lors de la conférence de Lima, au Pérou, en décembre dernier, bien loin des 100 Md$ fixés à horizon 2020.

A Lima, justement, les pays du Sud – en particulier le groupe Afrique, les petits Etats insulaires, l'Arabie saoudite, les Philippines et le Brésil – réclamaient des précisions sur les canaux de financement de ce fonds, sans succès. Les discussions sur la taxe pourraient reprendre à la fin du mois, lors du prochain sommet de l’Ecofin (formation du conseil de l'Union européenne rassemblant les ministres des finances des États membres), le 27 janvier.

 

  1. Liste des onze pays européens engagés depuis 2012 dans une procédure de coopération renforcée : Belgique, France, Italie, Portugal, Espagne, Autriche, Estonie, Slovénie, Slovaquie, Allemagne, Grèce.


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