Déficits sociaux : l’assurance maladie, problème n°1

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Même une amélioration sensible de la conjoncture ne permettrait pas de réduire le déficit de l’Assurance maladie à horizon 2060. C’est le constat alarmant du dernier rapport du Haut conseil pour le financement de la protection sociale.

Un éventuel retour de la croissance et du plein emploi ne comblerait pas, dans les 50 ans à venir, les besoins de financement de l’Assurance maladie. Autrement dit, le déficit financier de notre couverture santé est largement structurel. C’est ce que montre le rapport sur «les perspectives de financement à moyen-long terme des régimes de protection sociale», rédigé par le Haut conseil du financement de la protection sociale et rendu public par Matignon, en fin de semaine dernière.

Evolution inverse des autres risques sociaux

De fait, dans les cinq scénarios macro-économiques retenus, les régimes d’assurance maladie affichent un déficit qui oscille entre 1,2% et 1,3% du PIB à horizon 2025, et qui se creuse encore par la suite, pour varier entre 2,1% et 2,6% du PIB en 2060. Une évolution qui diverge totalement des autres régimes sociaux, dont la situation est étroitement liée à l'environnement économique. Par exemple, les régimes de retraite seraient dans le vert en 2060 dans le scénario le plus favorable (taux de chômage de 4,5% à partir de 2030, gains de productivité du travail de 2%) et dans le rouge (-2,7% du PIB) si la conjoncture s’améliore moins sensiblement (taux de chômage de 7% et gain de productivité de 1%).

Objectif prioritaire du gouvernement

L’évolution des comptes de l’Assurance maladie est même carrément inverse, puisque, souligne le rapport, «on aboutit à des déficits […] d’autant plus importants que l’environnement économique serait favorable». Cela tient pour partie à la méthodologie retenue par le Haut conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM) pour réaliser les projections, à savoir le choix d’une élasticité-revenu de 1,3. En clair, l’hypothèse émet que la dépense individuelle de santé augmenterait nettement plus vite que le revenu par personne. Ce qui peut être contesté. Si ce n’est que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à l’origine de la saisine du Haut conseil, reconnaît peu ou prou que c’est bien là où le bât blesse, en indiquant dans son communiqué : «L’équilibre de l’Assurance maladie est un objectif prioritaire pour le gouvernement.»


 



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