REAVIE 2017

Dépenses de santé : le poids croissant des organismes complémentaires santé

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La Drees a publié une étude sur l’évolution des dépenses de santé depuis les années 1950. Si la part de ces dépenses au sein du PIB global a plus que triplé sur cette période, les complémentaires santé y prennent une part légèrement croissante depuis les années 1990.

Si le poids des dépenses de santé au sein du PIB continue de croître, la participation des complémentaires santé suit une tendance similaire.
Si le poids des dépenses de santé au sein du PIB continue de croître, la participation des complémentaires santé suit une tendance similaire.

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié fin juillet une étude retraçant les évolutions des dépenses de santé en France depuis 1950. Si l’indicateur utilisé, la consommation de services et biens médicaux (CSBM) a fortement cru avec le développement de la Sécurité sociale jusqu’aux années 80, sa croissance s’est ralentie avec la chute de la croissance économique.

Ce cap est également celui correspondant à la période où le poids de la Sécurité sociale fut le plus fort dans le financement de la CSBM : de 50% en 1950 jusqu’à 80% en 1980, elle se stabilise depuis lors aux alentours de 75%. Le reste à charge laissé aux ménages, sur la même période, oscille entre 8 et 12%, avec une évolution d’ensemble légèrement baissière - de même pour les dépenses à la charge de l'État.

Une répartition des risques déjà effective ?

Ces tendances trouvent également une explication avec la progression « tendancielle » (+3 points entre 1990 et 2010) du financement de la CSBM par les organismes complémentaires santé. L’amélioration du taux de couverture de la population y est pour beaucoup : si la réforme de la généralisation (applicable au 1er janvier 2016) s’inscrivait dans un contexte de fort taux d’équipement préalable (aux alentours de 95%), ce taux n’était toutefois que de 69% dans les années 80… et de 31% dans les années 60.

Écho à certaines propositions actuelles, la Drees relève dans ce panorama que « le partage des rôles entre assurances maladie obligatoire et complémentaire (AMO et AMC) tend à se rapprocher progressivement d’une répartition entre risques « lourds » (soins hospitaliers, soins des affections de longue durée) et autres risques ». Analyse, entre autres, évoquée par le Conseil d’Analyse Économique (CAE) dans une récente note.

À noter, plus globalement, que le poids des dépenses de santé dans le PIB a – certes – particulièrement progressé durant les "Trente Glorieuses", mais qu’il n’a pas stoppé sa croissance par la suite. « Les périodes de dégradation de la croissance économique (1993, début des années 2000, 2009) provoquent des ressauts de la CSBM dans le PIB », rappelle la Drees. Au total, cette part a progressé de deux points entre 1985 et 2015 ; sur l’ensemble de ces 31 années, la croissance de la CSBM n’a été que six fois inférieure à celle du PIB – et 17 fois supérieure.



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