Emmanuel Macron démissionne du ministère de l’Economie

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Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a remis officiellement sa démission du gouvernement pour se consacrer à la présidentielle 2017. Le périmètre de son portefeuille ministériel revient désormais à Michel Sapin, lequel hérite d'un grand ministère de l'Economie et des Finances.

Agé de 38 ans, le départ de l’ex-conseiller économique du président de la République préfigure son entrée dans la course à la présidentielle 2017.
Agé de 38 ans, le départ de l’ex-conseiller économique du président de la République préfigure son entrée dans la course à la présidentielle 2017.
Christophe Peus /FFSA

Les spéculations allaient bon train depuis plusieurs semaines. C’est désormais le jour J. Presque deux ans jour pour jour après sa nomination à Bercy, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique a remis cet après-midi sa démission du gouvernement à l'issue d'un entretien d'une heure avec François Hollande. En conséquence de quoi, Michel Sapin, actuel ministre des Finances, hérite d'un grand ministère de l'Economie et des Finances, annonce l'Elysée. Le secteur de l'assurance retrouve ainsi un interlocuteur familier à Bercy.

Entrée dans la présidentielle

Agé de 38 ans, le départ de l’ex-conseiller économique du président de la République préfigure son entrée dans la course à la présidentielle 2017. Un grand meeting de son mouvement politique « En Marche ! » est d'ailleurs annoncé pour fin septembre, au cours duquel il devrait dévoiler son diagnostic de la France issu du porte à porte de ses adhérents et détailler des mesures de redressement.

En février dernier, date du dernier remaniement, il avait été donné un temps sortant de l’équipe gouvernementale avant de sauver in extremis sa place. Il s'état toutefois vu reléguer au 14e rang dans l’ordre protocolaire… dépassé par Emmanuelle Cosse, ministre du Logement.

Présence maintenue au Medef

Attendu à l’Université d’été du Medef à Jouy-en-Josas jeudi 31 août, lors de la plénière de clôture, sa présence devrait être maintenue, ce que confirme Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance (FFA) et président du pôle international et Europe du Medef, au micro de BFM Business : « Il est toujours prévu au programme. »

Proche du ministre de l’Economie, Bernard Spitz n’a pas souhaité commenter l’information mais estime que « ce que peut faire Emmanuel Macron est important ». Et d’ajouter : « A neuf mois d’une élection présidentielle, tout ce qui peut enrichir le débat et permettre d’établir des règles du jeu claires entre l’économique et le politique est une bonne chose »

Le mouvement patronal emmené par Pierre Gattaz avait accuelli favorablement sa nomination. Son intervention a souvent été perçue par les chefs d'entreprise comme un rempart aux vélléités de l'administration française. Déjà invité de l'édition 2015, il avait, à l'époque, écorné la vision économique de la gauche : «La gauche n’est pas exempte de critiques», avait-t-il admis. Elle est notamment coupable d’avoir pu croire, que « la politique se faisait contre les entreprises » et que « la France pourrait aller mieux en travaillant moins », ciblant explicitement les 35 heures.

Ses faits d’arme : la loi Macron et le FRPS

En 24 mois à Bercy, le trublion du gouvernement, qui récemment encore déclarait ne pas être socialiste, laissera à la postérité une loi éponyme sur la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques du 10 juillet 2015. Outre la libéralisation des transports en car, la loi Macron a également renforcé l’épargne salariale et sa compréhension auprès des salariés (lire encadré ci-dessous).

Avec son cabinet, il a aussi contribué à la préparation du « fonds de pension à la française ». Initialement, cette disposition devait rejoindre un texte de loi dit « Macron 2 » avant d’être intégrée au projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, porté par son colocataire à Bercy, Michel Sapin. L’article 33 de la loi Sapin 2 prévoit, en effet, d’autoriser le gouvernement à créer par voie d’ordonnance un nouveau véhicule baptisé Fonds de retraite professionnelle supplémentaire (FRPS), avant le 31 décembre 2016

Loi Macron : les 7 mesures phare pour l'épargne salariale

1- L’intéressement sera investi par défaut dans le Plan d’Epargne d’Entreprise (PEE). Actuellement, c’est l’inverse : sauf choix contraire du salarié, l’intéressement est versé immédiatement au salarié. Le régime de l’intéressement se rapproche ainsi de celui de la participation.

2 - Un «Perco Plus», selon la terminologie employée par l'Association française de gestion (AFG), est créé : il bénéficiera d’un forfait social réduit, passant de 20% actuellement à 16%, pour les versements dans les Plans d’épargne retraite collectifs (PERCO) investissant au moins 7% dans des titres de PME et ETI éligibles PEA-PME. Un décret sur les modalités de cet investissement est en cours de rédaction.

3 - L'option d'investissement par défaut dans les Perco sera la gestion pilotée : elle permet d'investir en fonction de l'âge du bénéficiaire dans des placements actions et de ne réserver les placements monétaires peu rentables qu'à l'approche du départ à la retraite.

4 - L'abondement de l'employeur aux Perco, si l'accord d'entreprise le prévoit, ne sera plus nécessairement accordé en contrepartie d'un versement du salarié. Il pourra se faire de manière unilatérale et identique par l'employeur pour tous les salariés dans les limites d'un plafond qui sera précisé par décret.

5 - Les entreprises de moins de 50 salariés qui signent pour la première fois un accord de participation ou d’intéressement bénéficieront d’un forfait social réduit à 8% (au lieu de 20%) pendant 6 ans.

6 - Le salarié aura la possibilité de verser jusqu’à 10 jours de congés non pris (et non plus 5 jours) dans son Perco.

7 - L’information aux salariés sera améliorée notamment avec la fourniture d’un livret à son arrivée dans l’entreprise et, en cas de départ du salarié de l'entreprise, d'un état récapitulatif des frais de tenue de compte de gestion des PEE.

Bernard Spitz

Bernard Spitz

Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA)

Bernard Spitz est né en 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1983 : diplôme en finance de l'ESSEC Business School. 1984 : diplôme en service public de Sciences Po. 1986 : diplôme de [...]

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