Epargne retraite : l’Arcaf tire la sonnette d’alarme
Le régime de retraite complémentaire Corem serait sur la mauvaise pente. C’est en tout cas ce que prétend l’Association nationale des fonctionnaires épargnant pour la retraite (Arcaf), qui s’appuie sur le rapport annuel 2011 de l’Union mutualiste retraite (UMR), le gestionnaire du Corem.
Selon ce document, les régimes R1 et Corem – les successeurs du complément de retraite facultatif de la fonction publique (Cref) disparu en 2002 – affichent une insuffisance de provisionnement de 734 M€. « Or, ce chiffre s’élevait déjà à 503M€ en 2010. Si bien qu’au lieu de se réduire, le trou explose », remarque Guillaume Prache, président de l’Arcaf.
Joint par l’Argus de l’assurance, Charles Vaquier, président de l’UMR, ne dément pas ces pertes, mais tient néanmoins à relativiser : « C’est vrai que nous avons vécu une année 2011 horrible, notamment à cause des pertes que nous avons subi sur la Grèce. Ceci étant, à moins que l’Italie ne fasse faillite d’ici à la fin décembre, nous reprendrons notre marche en avant cette année sur le régime Corem ».
Une comparaison qui fait débat
S’appuyant toujours sur ce rapport annuel, l’Arcaf note toutefois que le rendement net comptable du régime Corem s’établit à 0,49% sur l’exercice 2011, soit cinq fois moins que l’inflation (+2,5%, voir graphique ci-dessous). « Du coup, les épargnants du Corem perdent de l’argent, sans qu’on leur dise ! » s’insurge Guillaume Prache.
« C’est totalement faux ! » répond cette fois-ci Charles Vaquier. Selon lui, comparer l’évolution de la valeur du point (le rendement net comptable) avec l’inflation est inexact : « Corem fonctionne selon un mode d’acquisition de points qui intègre un taux d’intérêt escompté ». Un taux qui s’établissait à 3% en 2002, et encore à 2,70% en 2011, selon le président de l’UMR. « Or, pour obtenir le rendement net effectif du placement, il faut majorer ce taux à la revalorisation du point. Autant dire que sur la dernière décennie, le rendement moyen du Corem s’est établi à 3,5%. Et le rendement prévisionnel pour 2012 sera proche ou supérieur à 5%. Soit bien au-dessus de l’inflation (1,85%), contrairement à ce qu’affirme Monsieur Prache… », conclut-il.

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