REAVIE 2017

Forfait journalier hospitalier : les divergences d’analyse des fédérations exposées au grand jour

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Abordée de la plénière de Réavie, la question de la hausse de deux euros du forfait journalier hospitalier a révélé des positions divergentes entre le CTip, la FFA et la FNMF, qui permettent de mieux comprendre l'absence d'avis de l'Unocam sur le PLFSS

Des trois présidents des plus grandes fédérations de la complémentaire santé présents à la plénière de Réavie, vendredi 13 octobre à Cannes, Bernard Spitz s’est montré le moins virulent sur la hausse de 18 à 20 euros du forfait journalier hospitalier (FJH), prévue dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018. « Il est vrai que le forfait hospitalier n’a pas augmenté depuis longtemps (ndlr, depuis 2010) », a admis le président de la Fédération française de l’assurance (FFA). M. Spitz a surtout déploré un problème de méthode : « On a appris cette hausse à la dernière minute ».

La FNMF remontée à bloc

Thierry Beaudet, président de la Mutualtié française (FNMF), a en revanche tenu des propos beaucoup plus virulents, considérant qu’il s’agit d’une « taxe sur les malades hospitalisés ». Jugeant le montant du forfait exagéré, il a affirmé que la plupart des Français ne dépensent pas 20€ par jour pour manger. Surtout, pour M. Beaudet, le sujet ne se limite pas à l’impact de la hausse du forfait hospitalier, chiffrée à 180 M€ en année pleine pour l’ensemble de la profession.

« Entre la progression de l’Ondam (ndlr, objectif de dépenses d’assurance maladie voté par le Parlement) de 2,3%, ce qui signifie mécaniquement qu’on va en supporter une part, d’environ 570M€, les effets en année pleine de la nouvelle convention médicale (+70 M€), les 100 M€ du forfait patientèle, l’impact de l’avenant à la convention des pharmacies, soit 60 M€, l’extension de la vaccination pour les enfants », qui s’ajoutent au forfait hospitalier, « la facture atteint près d’un milliard d’euros », a calculé M. Beaudet à la tribune. « Quand on sait que 70% des plus de 65 ans sont protégés par des mutuelles, ces dernières seront les plus concernées par les hausses », s’est exclamé le président de la FNMF.

D’autres motifs d’inquiétude

Quant au président du Centre technique des institutions de prévoyance (CTip), Pierre Mie, il s'est dit « au moins aussi inquiet » par d’autres sujets, comme des risques d’évolution sur la prévoyance, la retraite, l’impact de la baisse des cotisations salariales et de la hausse de la CSG voulues par le gouvernement. M. Mie a d'ailleurs relativisé la hausse du forfait journalier hospitalier, la qualifiant d’ « un peu anecdotique ». « J’ai le sentiment que nous sommes un peu victimes de notre succès. Nous sommes solvables. Mais nous ne voulons pas devenir une variable d’ajustement », a-t-il souligné.

Absence d’avis de l’Unocam

Cette expression publique des trois présidents a eu au moins le mérite de jeter un nouvel éclairage sur le fait que l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) n’ait pas rendu d’avis sur le PLFSS pour 2018, se contentant d’une simple « délibération ». Lors de la dernière réunion du conseil de l’Unocam, la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) et le Régime local d’assurance maladie d’Alsace-Moselle (RLAM) avaient voté pour un avis défavorable (17 voix sur 33, soit la majorité absolue des suffrages exprimés ou représentés), tandis que la Fédération française de l’assurance (FFA) et le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) s’étaient prononcés pour une simple «prise d’acte». Soucieux de préserver l’unité des organismes complémentaires d’assurance maladie sur les dossiers plus importants à venir (comme la signature de la convention nationale des médecins libéraux), Maurice Ronat, président de l’Unocam, avait alors proposé au une simple délibération, adoptée à l’unanimité. Après Reavie, nul doute que les divergences d’analyse sur le forfait hospitalier y ont largement contribué.

 


Bernard Spitz

Bernard Spitz

Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA)

Bernard Spitz est né en 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1983 : diplôme en finance de l'ESSEC Business School. 1984 : diplôme en service public de Sciences Po. 1986 : diplôme de [...]

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Thierry Beaudet

Thierry Beaudet

Président de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN) et président de la Fédération nationale de la Mutualité Française

Thierry Beaudet est né le 21 avril 1962 à Domfront. Thierry Beaudet a d'abord rempli différentes fonctions au sein de la MGEN, Depuis 2009 : président de la Mutuelle Générale de [...]

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Pierre  Mie

Pierre Mie

Vice-président du groupe Humanis

Pierre Mie est né en 1960. Diplôme d'études approfondies (DEA) de droit social de l'université de Lyon-III. Cycle de formation d'entreprise CPA. Plusieurs fonctions au sein du groupe Air France dans les [...]

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