Formation : comment l'organisme collecteur Opcabaia s'est imposé

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Depuis mars 2014, Marc Picquette est le directeur général d’Opcabaia, l’organisme paritaire collecteur des fonds de formation professionnelle des sociétés et mutuelles d’assurance, mais aussi des banques, des agents généraux d’assurance et des sociétés d’assistance. Cet ancien de l’Afpa et Pôle Emploi nous explique pourquoi son organisme, en deux ans et demi, est devenu incontournable dans la profession.

Marc Picquette,
directeur général
d’Opcabaia
Marc Picquette, directeur général d’Opcabaia

La feuille de route

« J’ai pris mon poste au moment de la promulgation de la loi du 5?mars 2014 relative à l’emploi, la formation professionnelle et la démocratie sociale. Ma feuille de route a donc été facile à tracer, puisqu’il s’agissait principalement de mettre en œuvre cette réfor­me et d’en faire un levier pour le changement. Autrement dit, faire évoluer Opcabaia en un outil performant au service de ses entreprises et des adhérents. Pour la période 2015-2017, les administrateurs d’Opcabaia ont ­défini un plan stratégique autour de quatre axes : développer une gestion de l’Opca d’un point de vue qualitatif et économique, renforcer le conseil et l’individualisation de la relation aux adhérents, les accompagner dans la durée, et enfin, nouer des partenariats stratégiques. Ce que nous avons fait avec l’Apec et le Fongecif d’Île-de-France. »

Un Opca à part

« Parmi les 20 Opca présents en France, Opcabaia est atypique à plusieurs titres. La typologie de nos adhérents fait que nous sommes essentiellement centrés sur les dispositifs de financement de la professionnalisation, et maintenant du Compte personnel de formation (CPF). En outre, nous n’avons pas de délégation régionale, puisque la majorité de nos adhérents travaillent en Île-de-France. Dernière caractéristique enfin, conséquence des deux précédentes : nous sommes l’Opca avec les frais de gestion les plus faibles, ce qui est un atout dont bénéficient nos adhérents. »

Une forte croissance

« Avant la loi sur la formation de 2014, nous gérions 113 M€ de collecte. Depuis, nous sommes passés à 256?M€. La réforme a notamment imposé aux entreprises de consacrer 0,2 % de leur masse salariale brute au titre du CPF qu’elles doivent, soit verser à leur Opca dans le cadre de la contribution unique, soit gérer elles-mêmes en interne. Nous collectons aussi désormais le 0,2 % au titre du Congé individuel de formation (Cif). Opcabaia a également obtenu son agrément pour être collecteur de la taxe d’apprentissage, ce qui s’est traduit par une collecte de plus de 60?M€ en 2016. Sur ce marché concurrentiel, où les Opca interprofessionnels et les chambres consulaires peuvent aussi intervenir, nous détenons aujourd’hui 51 % des parts. Notre objectif est d’atteindre les 59 % dès la prochaine collecte. Pour autant, l’existence d’un Opca ne se justifie pas par le montant de sa collecte. Ce qui prouve la valeur ajoutée de cet organisme, c’est la gestion, le service et le conseil qu’il apporte à ses adhérents. L’Ocpa doit aussi être un « facilitateur » au service des branches professionnelles. »

Opcabaia en chiffres

  • 355 381 salariés couverts
  • 24 388 dossiers pris en charge
  • 8 372 entreprises adhérentes
  • 256?M€ de collecte (dont 189?M€ au titre de la formation professionnelle continue et 67?M€ au titre de la taxe d’apprentissage)
    Chiffres arrêtés au 31 mars 2016

Le CPF (enfin)en marche

« La mise en œuvre du CPF a été compliquée. Car pour beaucoup d’acteurs – salariés, entreprises, institutionnels, financeurs – le temps d’appropriation fut assez long. En 2015, sur les 360 000 ­salariés couverts par Opcabaia, nous n’avons ainsi financé que 1 700 dossiers de CPF. Et 4 000 l’année suivante (2016). La marge de progression est donc encore très importante. Les branches et les entreprises ont encore besoin d’informations sur ce nouveau dispositif. À nous de bien les conseiller et de les accompagner. Elles doivent notamment savoir que le CPF est réellement pris en charge financièrement par Opcabaia. Par exemple, nous abondons systématiquement les ­dossiers lorsque les heures détenues par le salarié ne couvrent pas le coût total de la formation. Dans l’assurance, les métiers évoluent, tout comme les modèles économiques de délivrance des services. Il y a donc une nécessité absolue de développer les compé­tences des salariés. De fait, le CPF – qui compte de plus en plus de certifications éligibles dans son catalogue – est un outil précieux pour permettre aux salariés de prendre en main leur parcours professionnel. »

La montéeen compétencesdes équipes

« Pour faire face à la mise en œuvre du CPF et la collecte de la taxe d’apprentissage, nous avons dû nous enrichir de nouvelles compétences en interne. Alors que nous étions 25 salariés en 2014, nous sommes désormais 38, organisés en 3 pôles : financier, fonctions supports, et un pôle services aux adhérents et partenariats. Nos équipes sont constituées de gestionnaires, de conseillers, mais aussi de contrôleurs internes et chargés de la maîtrise des risques. »

Les objectifs 2017

« Nous voulons accroître très ­fortement notre action de conseil et de financement dans le domai­ne du digital. En partenariat avec les branches des sociétés d’assurance et de la banque, nous ­venons ainsi de créer une plateforme dématérialisée de gestion et d’évaluation des certifications baptisée e-Certif. Ce nouvel outil RH en ligne, gratuit et accessible via notre site Internet, permettra aux entreprises de valider et de suivre les certifi­cations de leurs collaborateurs. C’est notamment par l’intermédiaire de cette ­plate­forme que seront vérifiées les compétences des salariés de l’assurance permettant la ­délivrance du Certificat digital ­assurance (CDA). Dans le même sens, afin d’améliorer la fiabilité de nos échanges avec nos adhérents, nous déploierons un ­nouveau portail, courant 2017, intitulé ­e-Baia totalement déma­térialisé et digitalisé. En outre, nous nous sommes positionnés sur un ­appel à projet du Fonds paritaire de ­sécurisation des parcours ­professionnels (FFSPP) appelé Mut’Eco qui contribuera aux ­financements des actions de ­formation autour du digital de nos salariés, à hauteur de 1,4 M€ en 2016-2017. Un montant que nous espérons encore plus conséquent par la suite car les besoins sont là ! »

Le périmètre de l’Opca

« Suite à un séminaire des ­administrateurs organisé fin 2016, nous avons dégagé les pistes de travail qui nous ­permettront de définir notre ­prochain plan stratégique. Comme nous sommes en forte croissance, une de nos principales réflexions consiste à nous réinterroger sur notre positionnement. Quel Opca demain pour quel périmètre et avec quels ­services ? Voilà une question stratégique qui se pose à la gouvernance de l’Opca, avec comme élément de contexte la baisse du nombre de branches voulue par l’État qui va forcément générer des mouvements et tout en ­sachant que l’identité sectorielle (banque et assurance) d’Opcabaia est, et demeure, un marqueur fort. »



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article extrait de l’argus de l’assurance

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