JO de Rio 2016 : le risque terroriste couvert par l’assurance, pas le virus Zika !

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Entre les Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 et ceux de Rio, le budget dédié par le Comité Olympique à l’assurance a été divisé par deux pour atteindre aujourd’hui environ 10 M$. Si le risque terroriste est intégré depuis plusieurs années dans les contrats, les organisateurs de l’évènement ne sont, en revanche, pas couverts en cas d’annulation liée au virus Zika.

Seule une partie des 206 délégations nationales représentées lors des JO disposent de leur propre couverture d’assurance à l’instar de la France.
Seule une partie des 206 délégations nationales représentées lors des JO disposent de leur propre couverture d’assurance à l’instar de la France.

Vendredi 5 août 2016, jour de la cérémonie d’ouverture, marque le coup d’envoi officiel des 31e Jeux Olympiques de Rio au Brésil. Un évènement sportif international aux statistiques hors-normes : 500 000 visiteurs sont attendus sur les principaux sites, 206 pays représentés, 17 000 athlètes et membres des délégations, 85 000 personnes déployées pour la sécurité pour un budget compris entre 5 et 6 Md$… Comme tout évènement sportif officiel, les Jeux Olympiques disposent d’un programme d’assurance pour couvrir les principaux risques.

Trois principales polices d'assurance

Patrick Vajda, senior consultant au sein du courtier Marsh, qui a conseillé le Comité international olympique (CIO) au cours de quatorze Olympiades rappelle à l'Argus de l'assurance « qu’à la différence de la FIFA où le montage et la couverture en assurance sont imposés au pays organisateur, le CIO laisse la liberté au comité local de procéder au choix des intermédiaires et des assureurs au cours d’un appel d’offres ».

Seules les garanties d’assurance obligatoires sont fixées par le Comité international. Elles se comptent au nombre de trois :

  • Une police responsabilité civile (RC) à hauteur de 250 M$ : Elle couvre aussi bien les dommages corporels que matériels et immatériels sur des tiers (spectateurs blessés…). « Cette garantie a la particularité de regrouper en une seule et même police une RC professionnelle, une RC générale qu’une couverture contre les dommages immatériels en complément de la notion de défense-recours », précise Patrick Vajda. A noter que les franchises sont relativement basses : 0€ en corporelle contre quelques milliers d’euros en dommages. Quelques acteurs se disputent en général cette garantie à l’instar de Munich Re, Swiss Re ou encore XL Catlin.
     
  • Une police dite de billetterie (annulation) pour 200 M$ maximum garantis : en cas d’annulation d’épreuves ou même de l’évènement. Les risques terroriste et climatique figurent dans les programmes d’assurance à la différence du virus Zika, réputé inassurable. « Il est d’ailleurs trop tard pour le garantir, les contrats ayant été négociés avant que le virus ne prenne de l’ampleur », explique Patrick Vajda. Compte tenu de l’importance des capacités, celles-ci sont placées pour l’essentiel auprès de réassureurs comme Munich Re et Swiss Re. A une nuance près : ces opérateurs étrangers doivent obtenir le feu vert des autorités brésiliennes ainsi que de la compagnie nationale de réassurance, laquelle est chargée de placer les capacités sur le marché extérieur.
     
  • Une police dédiée à la protection des athlètes au sens strict, et de la « famille olympique », au sens large : dirigeants, élus, entraîneurs, capitaines d’équipes, membres des fédérations sportives… Elle prévoit une assurance rapatriement en cas d’accident ou de maladie, la prise en charge des frais médicaux sur place ainsi qu’une individuelle accident (capitaux versés en cas de décès ou d’invalidité pour un montant maximum de 150 000 $).
     

Les cas particuliers de délégations nationales

Voilà pour le cadre général. « Il faut savoir que 2/3 des délégations n’ont pas les moyens de couvrir leurs athlètes », rappelle Patrick Vajda. Seule une partie des 206 délégations nationales représentées lors des JO disposent de leur propre couverture d’assurance à l’instar de la France. Depuis 2012, Allianz France assure le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et la délégation française présente à Rio de Janeiro du 5 au 21 août 2016.

« Nous assurons la délégation française à travers une couverture en prévoyance qui inclut des garanties en cas de décès, d’incapacité temporaire, d’invalidité permanente. Ce sont des garanties classiques, adaptées aux athlètes, mais aussi aux cadres techniques, médicaux et administratifs, aux bénévoles et aux invités », explique Franck Le Vallois, membre du comité exécutif d'Allianz France en charge de l'unité Distribution. Et d’ajouter : « Les garanties d’assistance et d’individuelle accidents s’appliquent pendant toute la durée de la compétition sans exclusion particulière au regard du risque terroriste. »

Un risque de doublon peut exister dans certains cas, avec la protection déjà apportée par le comité olympique brésilien en particulier pour l’assistance et les frais médicaux. Quant à la prévoyance, l’assureur de la délégation couvre généralement des capitaux supérieurs au plafond de 150 000 $.

Un programme d’assurance estimé à 10 M€ pour les organisateurs

Que pèse l’assurance dans le budget total des JO ? Selon des estimations de marché, le programme d’assurance des JO de Rio devrait être compris entre 7 et 10 M$ pour le comité olympique sur un budget d’organisation de l’évènement d’environ 5 Md$. Soit 0,2% de la facture totale consacrée à l'assurance.

Depuis 1996, année des JO d’Atlanta, ce coût a été divisé par deux grâce à « un travail conjoint mené par les organisateurs et les assureurs en matière de risk management afin réduire le coût global du risque », détaille Patrick Vajda, dont l’équipe a élaboré une cartographie des risques olympiques (entre 500 et 1000 identifiés).



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