L'Ifpass « en phase de redressement »

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Après dix-huit mois difficiles, l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire, marqué par une alliance avec un poids lourd de la formation et la fin de son mode de gouvernance paritaire.


sylvie HUMBERT

Depuis sa nomination au poste de directeur général de l’Ifpass en décembre 2014, Laurent Arachtingi avait, jusqu’à présent, toujours refusé toute demande d’interview. À quelques jours de la rentrée scolai­re, ce juriste de formation a enfin accepté de nous ouvrir la porte de son bureau, pour évoquer plus particulièrement tous les changements majeurs attendus dans les prochains mois au sein de l’Institut.

Les difficultés financières

Laurent Arachtingi ne s’en cache pas : « L’Ifpass a connu des difficul­tés financières en 2014 ». Précisé­ment, le déficit s’est élevé sur cet exercice à 4 M€. « Il y avait un problème de gestion et si rien ne changeait, l’avenir de l’organis­me était en danger », indi­que-t-il. Face à cette situation, Laurent Arachtingi et Roger Belot – nommé président de l’Ifpass en même temps que lui – décident d’aller à la rencon­tre des dirigeants du monde de l’assurance. « Dès début 2015, en l’espace d’un mois, nous avons dû rencontrer une cinquantaine de clients. Tous, nous ont affirmé avoir toujours besoin d’un institut de formation spécifique à l’assurance, mais pas forcément dans la forme actuelle de l’Ifpass », témoi­gne Laurent Arachtingi.

Il préci­se : « À titre personnel, je ne suis pas certain qu’il soit nécessai­re qu’un Institut de forma­tion soit géré au niveau d’une branche. Nous sommes ainsi arrivés au constat qu’il était primordial de trouver un partenaire du monde de la formation pour assurer notre pérennité, mais aussi afin de profiter d’innovations pédagogiques ».

Le partenariat stratégique

Très vite, un partenaire potentiel se dégage : le groupe IGS, acteur majeur de l’enseignement qui forme chaque année plus de 14 000 personnes en France. « Nous avons une forte complémentarité avec ce groupe. L’IGS est leader dans la formation et la certification de compétences profes­sionnelles pour les entrepri­ses des métiers du tertiaire, et nous sommes leaders dans le secteur de l’assurance », indique le directeur général de l’Ifpass, préci­sant que l’IGS réalise aujourd’hui 85 M€ de chiffre d’affai­res, quand l’orga­nisme de l’assurance atteint les 17 à 18 M€. Désormais entrées en négociations exclusives, les deux entités devraient finaliser leur partenariat d’ici à la fin septem­bre. « C’est une alliance stratégique, pédagogique, mais aussi de moyens. L’Ifpass conservera son autonomie, sachant que des membres de l’IGS vont rentrer au conseil d’administration de l’Institut », expli­que Laurent Arachtingi.

La fin du paritarisme

De fait, ce changement mettra fin au mode de gouvernance paritaire de l’organisme, le conseil d’administration de l’Ifpass étant jusqu’alors composé de deux collè­ges (employeurs et salariés). « Il faut rendre hommage aux parte­naires sociaux qui, réunis en conseil d’administration en juillet dernier, ont donné leur accord de principe pour cette évolution de gouvernance nécessaire », insiste le directeur général de l’Ifpass. Les partenaires sociaux de la branche conserveront un rôle dans l’organisme de formation, puisqu’ils seront associés au Comité d’orientation pédagogique et scientifique (Cops) mis en place dans le cadre du partenariat avec l’IGS. « Même si elles ne seront plus en charge de la gestion de l’Ifpass, les organisations syndicales et patronales seront toujours présentes sur l’offre de l’Institut. »

Les économies réalisées

Mais pour sortir la tête de l’eau, l’Ifpass a également dû se serrer la ceinture. « Il n’y a pas une ligne de compte sur laquelle nous n’avons pas été attentifs. Nous avons notamment cherché à mieux maîtriser notre masse salaria­le », indique Laurent Arachtingi. Avant de préciser : « Nous n’avons licencié personne. Pour autant, suite au plan de départs volontaires mis en place fin 2014 et aux quelques démissions non remplacées l’an dernier, nous avons réorganisé l’Institut en plaçant le client au centre de nos préoccupations, puis nous avons mieux réparti les tâches en interne ». Résultat, l’effectif de l’Ifpass compte aujourd’hui 80 salariés (exprimés en équivalent temps-plein). Ils étaient enco­re 100 ETP il y a deux ans.

Des économies de charges locati­ves sont également à l’ordre du jour. Depuis 2008, l’Ifpass loue un immeuble de 5 000 m² au cœur de la Défense. Un bâtiment de 5 étages, qui lui coûterait, selon nos informations, plusieurs millions d’euros chaque année. « Nous sommes 20 % au-dessus du marché. Le bail de cet immeuble se terminant le 31 décembre 2016, nous avons décidé de déménager dans les prochains mois », indi­que le directeur général de l’Ifpass, qui précise avoir dénon­cé le contrat de bail afin de pouvoir rester dans ces locaux neuf mois supplémentaires. À la rentrée de septembre 2017, les étudiants occuperont donc un nouveau bâtiment…toujours situé à La Défense. « Grâce à ces diverses économies, nous sommes en phase de redressement. Le résul­tat net de l’Institut affiche, désormais, un solde positif de 2,2 M€ en 2015. »

Les ambitions d’ici 2020

À présent que les problèmes de gestion de l’Ifpass semblent réglés, Laurent Arachtingi voit les choses en grand pour son organisme. « Nous avons l’ambition de devenir un pôle d’excellence d’ici 2020 », indique-t-il.

À partir de 2017, un plan d’innovation de 5 à 10 M€ sur cinq ans sera notamment lancé pour l’offre qualifiante de l’Ifpass. « Nous voulons apporter plus de digitalisation dans nos programmes, créer un lab learning, mais aussi rendre nos salles pédagogiques plus interactives, tout en équipant nos étudiants de tablet­tes », détaille le directeur géné­ral de l’institut. « Nous sommes en train de de faire évoluer notre offre afin d’être davan­tage time to market. Nous allons continuer également à développer les servi­ces dits RH, validations des acquis de l’expérience (VAE), bilans de compétence ou même du prérecrutement, afin qu’à terme, l’Ifpass devienne l’institut de référence de formation mais aussi de ressources humaines de l’assurance », conclut Laurent Arachtingi. En attendant, dans un contexte de transformation numérique du secteur, une nouvelle formation, intitulée Master professionnel Manager digital métiers de l’assurance, verra le jour en octobre prochain.

L’Ifpass : l’organisme de formation de référence de l’assurance

  • Fondé en 2008 de la fusion de l’Association pour l’enseignement de l’assurance (AEA) et du centre de formation continue dénommé Adap.
  • Association de loi 1901.
  • 80 salariés (exprimés en équivalent temps plein).


Laurent  Arachtingi

Laurent Arachtingi

Directeur général de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (IFPASS)

Maîtrise en droit des affaires. Diplôme d'études approfondies en droit social. 1994-97 : juriste chez le Groupe des Industries Métallurgiques (GIM) UIMM. 1997-99 : juriste chez [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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