La Caisse des dépôts fait sentir sa force

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La naissance de Natixis ne se fera pas sans douleur... si elle se fait. La Caisse des dépôts veut faire payer cher sa bénédiction.

Résumé des épisodes précédents : fin 2005, les Caisses d'épargne et les Banques populaires sont entrées en négociation pour rapprocher certaines de leurs activités. Il s'agissait de créer une banque cotée qui servirait au développement européen des deux groupes français en mariant Natexis-Banques populaires avec les filiales des Caisses d'épargne que sont Ixis, le Crédit foncier et la Compagnie 1818. Et cela, à l'exclusion des partenariats stratégiques tels que celui noué avec la CNP. Les pourparlers ayant bien avancé, l'annonce officielle de « négociations exclusives » fut faite le 12 mars dernier.

La revanche du laissé-pour-compte

 

Las, la Caisse des dépôts n'a pas voulu d'un tel arrangement qui la marginaliserait. Elle dispose de 35 % de l'Écureuil et en exige plus de 7 MdE. Sinon, elle mettra son veto à la fusion. Un prix jugé trop élevé par les Caisses d'épargne et par les Banques populaires qui cherchent tous les moyens de le faire baisser. En échange, les Caisses d'épargne pourraient tenter de proposer à la Caisse des dépôts une part plus grande du capital de la CNP, tandis que les Caisses d'épargne pourraient ajouter une participation dans Écureuil vie, société qui utilise les systèmes informatiques de la CNP et lui est donc techniquement liée.

Pour simplifier les choses, les Caisses d'épargne sont liées avec la Banque postale par un accord d'actionnaires dans la CNP jusqu'en 2008. D'ailleurs, toujours pour faire simple, il se murmure que la Caisse des dépôts aurait un autre plan, visant à substituer Dexia aux Caisses d'épargne dans le capital de la CNP, avant de partir avec la Poste à la conquête de l'Europe.

La morale de la chose, c'est que, comme d'habitude, la Caisse des dépôts a toutes les cartes en main et que ceux qui ont voulu jouer sans elle vont s'en mordre les doigts. En particulier, les Caisses d'épargne, dont les dirigeants actuels pourraient faire les frais de l'opération et qui sont déjà face à des mouvements de rébellion de quelques caisses régionales.

Spéculation boursière sur la CNP

 

Quant à la CNP, pour ne pas changer, son avenir n'est pas entre ses mains et ses actionnaires décideront pour elle. On peut simplement se demander pourquoi son cours a bondi au mois de novembre, prenant une pente à 45 degrés pour aboutir à une progression de près de 90 % en six mois. Ce n'est que depuis quelques semaines que les boursiers se sont rendus compte que l'opération ne lui profiterait probablement pas. Et le cours s'effondre, laissant quelques gogos ébahis.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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