La solvabilité des assureurs français a vraisemblablement atteint un pic en 2013 (S&P)

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Selon l'agence de notation Standard & Poor's, les assureurs français auront des difficultés à maintenir le niveau de solvabilité atteint en 2013. Et cela notamment à cause de la baisse des taux d'intérêt à long terme dans la zone euro.

La solvabilité des assureurs français a vraisemblablement atteint un pic en 2013, et il est probable qu’elle ne puisse pas se maintenir à un niveau aussi élevé en 2014 et au-delà, prévient Standard & Poor’s (S&P) dans une note du 10 octobre. L’adéquation des fonds propres ajustés du risque s’est nettement améliorée en 2012 et 2013, après le point bas de 2011, à la fois en raison de la bonne tenue des marchés financiers et de résultats de bonne facture l’an dernier, plaçant les assureurs français en meilleure position pour aborder Solvabilité 2. Au global, le marché français affiche un niveau d’adéquation des fonds propres de type «BBB» (dans le haut de fourchette).

Volatilité du capital total disponible

Il n’empêche, plusieurs facteurs invitent à la prudence. D’abord, environ 30% du capital total disponible est composé de plus-values latentes et, en vie, de la valeur actuelle des profits futurs (à comparer à 26% en 2012 et 24% en 2011). Or, ces éléments sont sujets à une importante volatilité. Ensuite, la baisse des taux d’intérêt à long terme dans la zone euro (supérieure à 100 points de base en 2014) rend peu probable, selon l’agence de notation, la poursuite d’une amélioration de la solvabilité cette année, «la hausse des plus-values latentes obligataires en non vie risquant de ne pas être suffisante pour compenser le recul de la valeur actuelle des profits futurs en vie».

Gestion plus conservatrice du capital

Anticipant une poursuite de la baisse des rendements en 2015, avant un rebond en 2016, S&P estime que «les assureurs vont gérer leur capital de façon de plus en plus conservatrice en prévision de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2 au 1er janvier 2016, de façon à préserver ou améliorer leur solvabilité ajustée du risque». Profitant de la plus longue duration de leurs actifs, les assureurs français ont jusqu’ici pu continuer à afficher des taux de rendement supérieurs aux taux d’intérêt de marché, de l’ordre de 3% à 4% en moyenne.

Obligations moins bien notées

Pour booster leurs rendements, les assureurs vont continuer à élargir le spectre de leurs investissements obligataires. Déjà, en 2013, la part du portefeuille investie en obligations notées «AAA» s’était réduite à 12% (contre 20% en 2012 et 34% en 2011), tandis que la part notée «AA» passait de 26% en 2012 à 41% en 2013. La part des obligations de notation inférieure à «BBB» est néanmoins restée stable, aux alentours de 3%-4%.  A noter que la part des prêts, bien que faible, est en augmentation, passant de 0,4% en 2012 à 0,6% en 2013.



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