Le FMI s’inquiète du risque systémique des assureurs

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Dans un extrait de son rapport sur la stabilité financière dans le monde, le Fonds monétaire international (FMI) s’alarme de l’exposition des assureurs, en particulier en vie, aux actifs les plus risqués et à l’impact financier des taux bas. Un phénomène qui concernerait davantage les petites et moyennes sociétés.

Dans un extrait de son rapport sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale s’inquiète de l’exposition croissante des quelque 24 000 Md$ d’actifs détenus par les compagnies d’assurance aux fluctuations des cours.
Dans un extrait de son rapport sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale s’inquiète de l’exposition croissante des quelque 24 000 Md$ d’actifs détenus par les compagnies d’assurance aux fluctuations des cours.

Les assureurs vie contribueraient-ils à ébranler la stabilité du système financier international ? La question agite en ce moment le Fonds monétaire international (FMI), convaincu qu’en cas de « choc de grande ampleur, par exemple un effondrement des cours, les assureurs ne pourraient certainement pas s’acquitter de leur mission de transfert de l’épargne vers les emprunteurs ».

Dans un extrait de son rapport sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale s’inquiète de l’exposition croissante des quelque 24 000 Md$ d’actifs détenus par les compagnies d’assurance aux fluctuations des cours. Un phénomène qui s’est accentué depuis la crise financière de 2008, notamment sous l’effet de la faiblesse des taux d’intérêts, laquelle constitue « une source de risque non négligeable pour les compagnies d’assurance », souligne le FMI.

« Too big to fail » et « Too many to fail »

L’analyse du FMI ne s’arrête pas là. A la différence du Conseil de stabilité financière (FSB), le FMI semble considérer que le caractère systémique de l’assurance sur le système financier ne serait pas uniquement lié à une logique de taille (« too big to fail ») mais à une logique de nombre (« too many to fail », « trop nombreuses pour faire faillite»). Et pour cause : « les sociétés les plus petites, moins puissantes et moins bien capitalisées d’un certain nombre de pays semblent, en effet, avoir misé sur des placements plus risqués ces dernières années en vue de reconstituer leurs actifs. »

Même si leur importance systémique individuelle est moins marquée que les groupes réputés systémiques (les « G-SIIs »), ces assureurs n’en restent pas moins susceptibles de propager des chocs dans l’économie « s’ils en viennent à tous agir de manière identique ».

Systémique, l’assurance vie ?

Outre le nombre, le FMI se préoccupent particulièrement des assureurs vie, lesquels détiendraient davantage d’actifs risqués en portefeuille, en particulier ceux proposant des produits à rendement garanti. « Les engagements des compagnies d’assurance vie présentant une échéance plus longue que leurs actifs, tout décrochement des taux d’intérêts tend à leur porter préjudice », note le FMI. Une telle analyse rejoint les débats en cours au sein de l’Association internationale des contrôleurs d’assurance (IAIS) sur le caractère systémique de l’assurance vie.

Le régulateur international étudie la possibilité d’inclure les contrats d’assurance vie, au regard de leur risque, dans le clan des activités dites « non traditionnelles, non assurantielles » (NTNI), coûteuses en capital. L’issue serait lourde de conséquence, en particulier en Europe. Les assureurs redoutent que tous les produits d’assurance vie, y compris les fonds en euros français, puissent être demain des activités jugées à risque.

Une réponse individuelle et collective

Dans son rapport, le FMI insiste sur la nécessité pour les autorités de régulation de l’assurance (nationales et supranationales) de concilier politiques macroprudentielle et microprudentielle. Concrètement, l’institution suggère aux superviseurs de « s’intéresser non seulement aux différentes compagnies prises individuellement mais aussi aux points communs et aux effets ressentis au niveau des assureurs et des pays. »

Et le FMI de préconiser de s’inspirer des ajustements prévus dans la directive Solvabilité 2 de façon à « éviter la vente forcée des actifs des assureurs en période de récession ».



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