Le rapport Villeroy de Galhau livre des pistes pour booster l’eurocroissance

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Ce rapport sur le Financement de l'investissement des entreprises remis au Premier ministre veut remettre en selle l'eurocroissance. Il livre trois pistes d'actions dont le transfert de richesse du fonds euros vers le support eurocroissance. 

A peine 100 M€ par mois de collecte d'eurocroissance
A peine 100 M€ par mois de collecte d'eurocroissance

En dépit d’un démarrage poussif, l'eurocroissance, nouveau support de l'assurance vie aux côtés du fonds euros et des unités de compte, continue d’être perçu comme l’outil privilégié pour flécher l’épargne des Français vers les actions. Il fait en effet partie de l’une des dix propositions du rapport Financement de l’investissement des entreprises remis la semaine dernière par François Villeroy de Galhau, ancien directeur général délégué de BNP Paribas, au Premier ministre.

Davantage de "risque raisonné"

A la question, «Comment inciter en France et en Europe les épargnants à davantage de risque raisonné» ?, la réponse passe selon lui par «une réorientation vers le long terme, plutôt que vers la prise de risque directe». Mais la priorité n’est pas de proposer des incitations fiscales pour favoriser l’investissement en actions mais tout simplement de «mieux fixer les justes prix de l’épargne réglementée, comme cela vient d’être fait pour le taux du Livret A» (qui vient d’être abaisser à 0,75% le 1er août dernier, ndlr).

Démarrage décevant de l'eurocroissance

Concernant l’eurocroissance qui permet d'investir en actions de long terme contre une garantie au bout d'une période d'au moins 8 ans, il reconnait le démarrage «décevant pour le moment» avec une collecte d’à peine «100 M€ par mois». Selon lui, ce qui pêche, c’est la comparaison avec le fonds euros «qui a pu, grâce aux stocks d’obligations acquis dans le passé, servir un rendement supérieur à 2,5% en 2014». Les supports eurocroissance à l’inverse sont pénalisés par la forte baisse des taux intervenue depuis la conception du contrat en 2013 et peuvent difficilement dépasser le taux du marché obligataire à peine à 1%, «sauf à offrir des garanties très partielles ou très éloignées dans le temps», poursuit le rapport.

Trois leviers d'actions

Pour booster l'eurocroissance, François Villeroy de Galhau imagine trois leviers d'actions. D'abord, revenir sur les règles fiscales, soit dans un sens plus favorable au support eurocroissance, soit dans un sens moins favorables aux fonds euros, même s’il nuance en rappelant que «l'orientation générale de ce rapport est cependant à la stabilité fiscale à court terme». Seconde proposition, il faut selon lui «accélérer la baisse des rendements servis sur les fonds euros» comme le Gouverneur de la Banque de France a incité les assureurs à le faire dès fin 2014.

En attendant le transfert de richesse du fonds euros vers l'eurocroissance 

Troisième levier - que la profession réclame depuis plusieurs mois : «autoriser une certaine mutualisation des réserves latentes» des fonds euros et des supports eurocroissance, autrement dit permettre un transfert de richesse entre les deux catégories de supports, transfert qui soit «équitable pour les différentes catégories d’épargnants». Très attendu par les assureurs, un tel décret est dans les cartons depuis la fin mars, mais sa parution tarde à venir pour des raisons techniques notamment (sur quelle base calculer la quote-part de la plus-value latente à transférer ?).

Dans son rapport, François Villeroy de Galhau plaide pour une décision rapide. En échange de quoi, les assureurs devraient «s'engager sur une forte mobilisation commerciale, un reporting sur leurs investissements et un objectif indicatif en la matière d'ici fin 2016.»



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