« Le risque de démutualisation constitue une réelle préoccupation »
Mots clés : - FNMI,
- Maurice Ronat
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Qu'est ce qui a motivé le choix des thèmes abordés lors de votre congrès et l'appel à de nombreuses personnalités extérieures ?
Notre congrès est à la fois un espace de rencontre pour nos mutuelles adhérentes et un lieu d'enrichissement conçu pour prendre de la hauteur dans les thèmes abordés et sortir des problématiques quotidiennes. Nous sommes au coeur de l'actualité avec les diverses tables rondes consacrées à la relation entre dépenses de santé et état de santé des populations, à l'interaction entre santé et environnement ou encore à l'efficience du médicament ou de l'innovation.
L'intitulé général de votre congrès, « La santé demain : pour qui et à quel prix ? », renvoie-t-il à des inquiétudes précises ?
Tout d'abord, cela correspond à notre volonté de réfléchir de façon prospective aux enjeux à venir du système de santé. En effet, nous avons une responsabilité envers les prochaines générations. Ces questions renvoient également à des préoccupations actuelles. Pour ne prendre qu'un exemple, les dépenses de santé croissent plus vite que le produit intérieur brut il faut donc trouver des financements. Dans ce cadre, l'État opère régulièrement des transferts sur les complémentaires santé, augmente les taxes ou en instaure de nouvelles - par exemple, la taxe de 3,5% sur les contrats solidaires et responsables. De ce fait, les mutuelles sont contraintes d'augmenter chaque année leurs cotisations, alors que les salaires de leurs adhérents stagnent.
Nous sommes également préoccupés par le risque de démutualisation. Un jeune de moins de 30 ans peut, s'il raisonne à court terme, se demander s'il n'a pas intérêt à l'auto-assurance. Par ailleurs, le reste à vivre des ménages fait l'objet d'une réflexion de leur part sur l'allocation des ressources disponibles, et il se peut que nous assistions aujourd'hui à une augmentation du phénomène de renoncement aux soins. Il est de notre devoir de réfléchir aux réponses que nous pouvons apporter.
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, réfute pourtant l'idée d'obstacles financiers dans l'accès aux soins...
Dans les zones où les tarifs opposables ont quasiment disparu, la question de l'accès aux soins se pose avec une particulière acuité. Certes, le filet de la Couverture maladie universelle (CMU) est là, mais nombreux sont nos concitoyens qui ne sont pas éligibles à ce dispositif et qui, cependant, n'ont pas les moyens de souscrire une couverture de même niveau : au sein de la mutuelle que je préside, 40 % des adhérents sont dans ce cas ! Il est urgent de prendre la mesure des difficultés spécifiques de cette population et d'envisager des solutions innovantes.
Le positionnement de votre congrès est-il lié au fait que les familles mutualistes n'ont plus de représentant dédié dans les instances de la Mutualité française ?
Les mutuelles interprofessionnelles ont besoin d'un espace de réflexion propre pour faire entendre leurs spécificités. En effet, elles vivent dans un environnement extrêmement concurrentiel et ont des contraintes de fonctionnement qui n'ont rien à voir avec celles d'autres types de mutuelles, protégées par leurs structures catégorielles d'adhérents. À titre d'exemple, la FNMI a ainsi créé un groupe de travail sur la dépendance, car nos caractéristiques propres nous amènent à réfléchir à des solutions alternatives et diverses. En ce sens, il est important que nous puissions faire valoir notre expérience dans la réflexion conduite par la Mutualité française.
LA FNMI EN CHIFFRES
- 54 mutuelles adhérentes (et 6 unions ou mutuelles membres honoraires), qui représentent :
- 9 400 000 personnes protégées ;
- 4,8 Md€ de cotisations encaissées.
Dans la mutuelle que je préside, 40% des adhérents n'ont ni la CMU ni les moyens de souscrire une couverture de même niveau. Il est urgent d'envisager de solutions innovantes.
Maurice Ronat, président de la FNMI








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