Les taux, un risque « modéré » mais persistant selon la Banque de France

Par - Publié le

,

,

L’autorité monétaire publie l’évaluation des risques du système financier pour le premier trimestre 2017. Les taux bas prolongés ou une remontée brutale sont des risques à ne pas écarter pour les assureurs, prévient-elle.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

Le niveau des taux d’intérêt est-il toujours une menace ? Selon la Banque de France, qui publie l’évaluation des risques du système financier français pour le premier semestre 2017, ce risque est « revu à la baisse dans un contexte de reprise de l’activité ». « Il est considéré comme modéré mais pourrait progresser au cours du semestre à venir », relève l’autorité monétaire.

Pour les assureurs, en particulier, malgré « des fondamentaux solides », « l’environnement inédit de taux bas qui dure érode leurs marges et leurs rendements et les conduit à repenser leur modèle d’activité traditionnel. Cependant, une remontée brutale des taux pèserait négativement car les organismes d’assurance seraient alors confrontés à un risque de rachats massifs par les assurés ». Au final, le prolongement des taux bas tout comme une remontée brutale sont des risques auxquels banques et assurances doivent « continuer à se préparer ».

Risque de marché "élevé"

Le risque de marché est, lui, revu à la hausse par rapport au précédent exercice d’évaluation des risques de décembre 2016. Il est « considéré comme élevé et devrait le demeurer au cours du second semestre 2017 ». En effet, la volatilité des marchés de taux et d'actions demeure historiquement basse bien que le risque politique soit élevé globalement. « Ce paradoxe témoigne d’une dé-corrélation inédite des marchés financiers du risque politique, qui pourrait cependant n’être que passagère et aboutir à une re-tarification brutale des primes de risques en particulier en cas de choc non anticipé, avec des conséquences notables sur la valeur de marché des portefeuilles de titres des institutions financières », prévient la Banque de France. Le portefeuille d’actifs des assureurs, désormais valorisé en mark to market, serait ainsi directement impacté, ce qui risquerait par ricochet de déstabiliser la gestion actif/passif.

Le risque lié à l'endettement revu à la hausse

Le risque lié à l’endettement des entreprises et des ménages est également revu à la hausse. Il est « considéré comme élevé et devrait le rester au second semestre ». Une hausse plus forte qu’anticipée des taux d’intérêt pourrait alourdir la charge de la dette des entreprises, prévient la Banque de France. La hausse de l’endettement des ménages est quant à elle portée par les conditions de crédit avantageuses, mais ne s’est pas accompagnée d’une hausse du taux de sinistralité des crédits à l’habitat. « Cette croissance d’ensemble de l’endettement privé appelle toutefois à une vigilance particulière dans les prochains mois sous l’égide du Haut Conseil de stabilité financière » (HCSF), prévient l’autorité. 

 

 



Effectuer une autre recherche

Rechercher