Bernard Spitz (FFA) : la profession doit «protéger et prévenir les risques climatiques »

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Le président de la Fédération française de l’assurance (FFA) s’est exprimé en amont du Sommet international sur le climat pour rappeler le rôle essentiel des assureurs dans la lutte contre le changement climatique.


Laetitia DUARTE

Deux ans après la Cop 21, les assureurs continuent de se mobiliser pour lutter contre le changement climatique. C’est le message qu’est venu porter lundi, au « Climate Finance Day », le président de la Fédération française de l’assurance (FFA) Bernard Spitz, invité en tant que président du pôle international du Medef.

A la veille du « One planet summit », organisé par le président Emmanuel Macron pour ne pas relâcher les efforts sur les engagements formalisés dans l’accord de Paris, Bernard Spitz a rappelé que l’assurance « aura un double rôle à jouer » dans l’univers des « smart cities » (« les villes intelligentes ») : « financer » la transition énergétique mais aussi « protéger les assurés face aux aléas naturels, notamment dans les villes où les risques climatiques seront décuplés »,  et « prévenir » les risques climatiques.

Améliorer le régime cat' nat'

Dans ce but, le régime français des catastrophes naturelles, qui date de 1982, doit notamment être revu afin de renforcer le volet prévention. Le chantier a été lancé par Matignon, à la suite du passage dévastateur des ouragans Irma et Maria dans les Antilles françaises. « Le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot nous rejoint pour réfléchir en 2018 à une évolution du régime des catastrophes naturelles qui est bon mais peut être amélioré », relève Bernard Spitz.

La FFA milite, de longue date, pour une réforme de ce régime afin d’y inclure les frais de relogement des sinistrés et de pouvoir moduler les franchises en fonction de l’existence de plans de prévention des risques. Chaque année, 431.000 victimes des aléas naturels sont indemnisées en France, selon le représentant des assureurs. Un chiffre qui devrait augmenter significativement « si on ne prend pas les mesures de prévention nécessaires ». Selon une étude publiée par la fédération en décembre 2015, le coût d’indemnisation de ces dégâts devrait doubler d’ici à 2040, à 92 Mds€.

Renforcer le financement de la transition écologique

L’assurance joue par ailleurs un rôle majeur dans le financement de la transition écologique en tant qu’ « investisseur clef de long terme ». «C’est notre responsabilité et notre intérêt », souligne Bernard Spitz. Les assureurs sont ainsi les premiers financeurs de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) avec 465 Mds€ soit 62% de l’encours total. La profession a ainsi pris en fin de semaine dernière plusieurs engagements : développer un support d’assurance-vie en unités de compte (UC) vert, ne plus investir dans les entreprises utilisant des centrales à charbon, et prendre en compte les critères extra-financiers (ESG pour Ecologique, Social et Gouvernance) dans les décisions d’investissement.

Sur ce dernier point, la FFA a lancé avec le Medef et l’Association Française de Gestion (AFG) une initiative conjointe afin de renforcer la transparence sur ces critères, autant du côté des émetteurs que des investisseurs. La FFA s’associe, par ailleurs, à "l'appel pour le climat" lancé par 35 fédérations nationales et internationales de (ré)assureurs qui ont décrété un état d’urgence afin d'alerter sur les conséquences en cas de non-respect de l'accord de Paris.

 



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