Ouragan Irma : les assureurs rappelés à l’ordre sur la lenteur de l’indemnisation

Par - Publié le

,

,

,

A la demande du délégué interministériel à la reconstruction, la Fédération Française de l’Assurance (FFA) s’est rendue à Saint Martin. Elle s’engage à accélérer les versements, d’ici la mi-février.

L'ouragan Irma a généré 1,8 Md€ de dégâts assurés à Saint Martin et Saint Barthélémy.
L'ouragan Irma a généré 1,8 Md€ de dégâts assurés à Saint Martin et Saint Barthélémy.
Simax Communication

Faire taire les critiques. Quatre mois après le passage dévastateur de l’ouragan de catégorie 5 Irma à Saint Martin et Saint Barthélémy, la Fédération Française de l’Assurance (FFA) s’est rendue sur place afin de répondre à « l’impatience » des sinistrés qui attendent toujours leurs indemnisations pour pouvoir reconstruire leurs îles ravagées. A l’origine de ce déplacement, le délégué interministériel à la reconstruction, le préfet Philippe Gustin. « J’ai souhaité qu’ils échangent sur place avec les sinistrés et les acteurs économiques afin de prendre la mesure de l’impact qu’engendrent les retards d’indemnisation sur la reprise économique », explique-t-il à l’Argus de l’Assurance.

Le délégué général de la FFA Arnaud Chneiweiss, ainsi que Stéphane Pénet, le directeur des assurances de dommages et de responsabilité, ont donc fait le déplacement ce samedi 20 janvier. Une semaine après le passage du cyclone le 6 septembre dernier, le président de la FFA, Bernard Spitz, s’était rendu sur place aux côtés du Président de la République. Une délégation avait ensuite accompagné le Premier ministre le 4 novembre dernier.

Des avances insuffisantes

Cette fois, il s’agit de répondre concrètement aux sinistrés qui se plaignent de la lenteur du processus d’indemnisation, et ce, malgré le versement d’avances de la part des assureurs. « Nous avons versé des provisions à nos assurés, y compris lorsque les véhicules sont irréparables. En matière d’assurance habitation, nous avons versé des provisions sur la base des estimations des experts. Si nous attendons les devis, les assurés ne peuvent être indemnisés », explique Isabelle Braud, responsable de la cellule de crise Pégase de la Maif.

Des devis "trop salés"

C’est là que le bât blesse. En raison de la volumétrie élevée – le bilan se chiffre aujourd’hui à 1,8 Md€ de dégâts pour 24.000 sinistres assurés sur les deux îles – et du faible nombre d’artisans et d’entreprises locales pour l’absorber, les assureurs ont eu « des difficultés à obtenir des devis. Et parfois, ils étaient trop salés », témoigne Philippe Gustin. « En un jour, Irma a généré autant de sinistres que pour une année entière en Guadeloupe », relève-t-il.

Le retard des experts

S’ajoute à cela le retard pris par les experts en raison des difficultés d’accès et des conditions impraticables sur les îles isolées. Certains ont dû affréter des voiliers depuis la Guadeloupe mais il a fallu attendre une cinquantaine de jours pour qu’une centaine d’experts, venus en renfort, soit à pied d’œuvre sur les îles du Nord des Antilles. Les experts d’assurés, auxquels les sinistrés ont fait appel en nombre important, « ont également mis du temps pour réaliser leur contre-expertise », ajoute Philippe Gustin, compliquant le processus.

La FFA, qui met en avant le caractère exceptionnel de l’événement ainsi que les « négociations et litiges » ayant retardé l’indemnisation, s’est engagée à ce que les versements soient effectués d’ici la mi-février. En matière de devis, « le marché a repris ses droits. Les entreprises scient la branche sur laquelle elles sont assises », explique Philippe Gustin. « Il faut que des artisans de Guadeloupe et de Martinique viennent modérer l'inflation. Parce que la demande est forte et les prix grimpent »,  ont demandé les représentants de la FFA.

 



Effectuer une autre recherche

Rechercher