Pacte de responsabilité : les branches professionnelles peinent à s'entendre sur l'emploi

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Alors que l’assurance s’est engagée à recruter 38 000 personnes dans les trois prochaines années, aucune discussion sur les contreparties au pacte de responsabilité n’a encore été entamée dans les branches de la mutualité, du courtage, de l’assistance et celle des agents généraux.   

L’an passé, le patronat et trois syndicats (la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, qui s’est finalement désistée ensuite) signaient un relevé de conclusion au niveau national, fixant des contreparties au pacte de responsabilité. En échange d’un allégement de charge de 41 milliards d’euros accordé aux entreprises, le texte demandait notamment aux branches professionnelles d’ouvrir des négociations « sur des objectifs quantitatifs et qualitatifs en termes d’emploi ».

Un an plus tard, le constat est sévère : seules 11 branches, représentant 4 millions de salariés, ont, pour l’instant, signé un accord. « Un mouvement est engagé (…), mais ce rythme est encore trop lent. Beaucoup d’autres branches devront donc prendre le chemin et accélérer la marche », a déclaré François Hollande lors de ses vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi à l’élysée, le 19 janvier dernier.

L’assurance fidèle à ses engagements

L’assurance, qui s’est engagée à recruter 38 000 personnes dans les trois ans via le « pacte » (voir L’Argus du 23 janvier), n’est pas visée par cette remarque du chef de l’état. En revanche, les autres branches professionnelles en lien avec le monde de l’assurance ont dû y prêter plus d’attention.

Car que ce soit dans l’assistance, dans la mutualité, dans le courtage ou dans les agences générales d’assurance, aucune discussion n’a, à ce jour, été entamée entre les employeurs et les organisations syndicales représentatives. « Nous nous dirigeons vers l’ouverture d’une négociation dans les prochaines semaines », précise tout de même Christine Di Costanzo, déléguée générale de l’Union des groupements des employeurs mutualistes (Ugem). Qui ajoute aussitôt : « Il a fallu au préalable que nous examinions de près la situation des entreprises et du secteur, dans la mesure où nous souhaitons signer un accord assorti d’objectifs réalistes et atteignables. »

Pour ces quatre branches, le problè­me reste le même : toutes estiment qu’il est difficile de s’enga­ger aujourd’hui sur un nombre de recrutements possibles via le pacte de responsabilité. « Les allégements ne se traduisent pas automatiquement par des emplois », estime Alain Morichon, président du Syndicat français des assureurs conseils (Sfac). Pour autant, les premiers échanges sur le sujet devraient aussi avoir lieu dans la branche du courtage, lors de la prochaine commission paritaire organisée le 26 mars. « Mais ce n’est pas simple, notamment parce que cet accord n’impose aucune obligation aux employeurs », poursuit Alain Morichon. En d’autres termes, aucune sanction n’est prévue si les promesses faites dans un accord ne sont ensuite pas tenues.

Dans ce contexte peu propice à l’engagement, la branche de l’assistance, composée de 11 socié­tés, a décidé de ne pas ouvrir de discussions. « Comme tout syndicat d’employeur qui est aussi association de loi 1901, nous sommes soumis à une assemblée générale. Or, je n’ai pas eu l’aval de cette dernière pour ouvrir des négociations sur le pacte de responsabilité », explique Catherine Henaff, secrétaire général du Syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA).

Il a fallu au préalable que nous examinions de près la situation des entreprises et du secteur, dans la mesure où nous souhaitons signer un accord assorti d’objectifs réalistes et atteignables.

Christine Di Costanzo, déléguée générale de l’Ugem

Alain Tisserand secrétaire fédéral CFDT banques et assurances : «Difficile d’avoir une position homogène des entreprises dans le courtage»

«Dans le courtage, nous avons demandé l’ouverture des négociations sur le pacte de responsabilité en octobre dernier, et finalement les premiers échanges ne devraient débuter que le 26 mars prochain. Pourquoi y-a-t-il eu autant de retard à l’allumage ? La branche du courtage est composée de beaucoup de petits cabinets mais aussi de grands groupes. Du coup, il est difficile d’avoir une position homogène des entreprises.Du côté des agences générales d’assurance, si le sujet du pacte de responsabilité n’a pas encore été abordé en commission paritaire, c’est parce que les entreprises ne sont pas impactées de la même façon que les acteurs de l’assurance sur les allégements de charges. En moyenne, les agences emploient 2 à 3 salariés. On ne peut donc pas adopter la même stratégie dans les différentes branches.»

 

Assistance

  • Syndicat d’employeur : Syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA).
  • 8 100 salariés
  • 11 entreprises

Mutualité

  • Syndicat d’employeur : Union des groupements des employeurs mutualistes (Ugem).
  • 59 600 salariés
  • 660 entreprises

Personnels des agences générales d’assurance

  • Syndicat d’employeur : Fédération nationale des agents généraux d’assurance (Agéa).
  • 23 400 collaborateurs
  • 11 334 agences

Courtage d’assurances et de réassurance

  • Syndicat d’employeur : Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA).
  • 32 300 salariés
  • 3 460 entreprises



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article extrait de l’argus de l’assurance

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