Présidentielle 2017 : Fillon peine à clarifier son programme santé

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Le programme de l’ancien Premier ministre sur la santé et la protection sociale avait marqué les esprits durant la primaire de la droite et du centre. Mais François Fillon, dans une tribune publiée sur le "Figaro Vox" ce lundi, revient sur plusieurs de ses propositions chocs... En laissant la réduction du déficit de l'assurance maladie dans le flou.

Le candidat à la présidentielle 2017 François Fillon adoucit fortement son programme santé, contesté jusqu'en interne ces derniers jours.
Le candidat à la présidentielle 2017 François Fillon adoucit fortement son programme santé, contesté jusqu'en interne ces derniers jours.
Wikimedia Commons - Marie-Lan Nguyen

Rarement la santé n’avait été autant évoquée lors d’une précampagne présidentielle que lors de ces dernières semaines. La raison de ce chambardement : les propositions programmatiques de François Fillon, défendues pendant la primaire de la droite et du centre.

Suppression du cofinancement entre assurances maladie obligatoire et complémentaire entre risque lourd et non-lourd, agence de contrôle et de régulation des organismes complémentaires santé, instauration d’une «franchise médicale universelle», remise en cause de la réforme de la généralisation du tiers payant… Autant de mesures fortes qui n’ont pas manqué de susciter analyses et commentaires, qu’ils soient politiques ou issus du monde de l’assurance santé.

Toutefois, depuis sa large victoire face à Alain Juppé au second tour de la primaire, ces propositions lui ont surtout valu des remontrances et inquiétudes émanant même, pour certaines, de ses propres troupes. Il était ainsi attendu depuis quelques jours une clarification de ce programme, publiée finalement ce lundi 12 décembre via une tribune sur le "Figaro Vox".

L'agence de contrôle accueille de nouveaux participants

S’il ne doit rester qu’un élément de son programme "d’avant", c’est sans surprise la suppression de la réforme de la généralisation du tiers payant. «Assez de bureaucratie et assez de mensonge : la santé a un coût et, au bout du compte, d'une manière ou d'une autre, c'est toujours l'assuré qui paye», justifie-t-il.

Première évolution : l’agence de contrôle et de régulation des organismes complémentaires santé voit son périmètre élargi… à l’assurance maladie obligatoire, au sein d’une agence «dans laquelle seront représentés tous les acteurs du système de santé, ainsi que les usagers» ! Et de poursuivre sur le rôle de l’assurance complémentaire santé : «J'entends faire en sorte que tous les Français puissent bénéficier d'une protection complémentaire (NDLR : le taux de non-équipement est environ de 4%) appropriée sur la base de contrats homogènes». Une notion de «contrat homogène» qui, si elle était clairement basée sur le prix dans la première mouture évoquée de ce «contrat-type», n’est désormais pas reliée à un quelconque critère.

Second point : si François Fillon veut toujours simplifier «les nombreux dispositifs de franchise actuels et le ticket modérateur, qui sont un maquis incompréhensible», la notion de «franchise universelle maladie», techniquement complexe quant à sa dénomination et sa mise en œuvre (rappelant le fameux "bouclier sanitaire"), n'est pas citée.

Plus de risque "lourd" ou "léger"

Dernier coup de frein, si ce n’est le principal : la séparation des prises en charge entre les assurances maladie obligatoire et complémentaire n'est plus du tout évoquée. Plus question de "gros risque" pour la Sécurité sociale et de "petits risques" pour les assureurs privés : mieux, alors même que l’optique et le dentaire étaient potentiellement concernés par cette séparation au profit des organismes complémentaires santé, François Fillon considère désormais que la Sécurité sociale «continuera à couvrir les soins comme aujourd'hui et même, mieux rembourser des soins qui sont largement à la charge des assurés, comme les soins optiques et dentaires» !

Difficile, par conséquent, d’expliciter désormais les mesures qui permettraient de réduire le déficit (et au-delà, la dette) de la Sécurité sociale. «Mon objectif est de sauver notre système de santé qui fut l'un des meilleurs au monde et qui doit le redevenir», assure toutefois l’ancien Premier ministre, rappelant les enjeux attendant le système français de Sécurité sociale, entre vieillissement de la population et renchérissement des nouveaux traitements médicaux.



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