REAVIE 2017

Présidentielle 2017 : les chantiers du président Emmanuel Macron

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Lors de sa campagne électorale, le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué plusieurs chantiers qui pourraient concerner les acteurs de l’assurance.

Emmanuel Macron, lors de son discours au Louvre, à Paris, le 7 mai au soir.
Emmanuel Macron, lors de son discours au Louvre, à Paris, le 7 mai au soir.
David Ramos/Getty Images/AFP

La pause réglementaire souvent invoquée par le secteur de l’assurance n’est pas ­forcément pour ce nouveau quinquennat ! Au terme d’une campagne électorale d’une rare âpreté, les Français ont donc élu, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron à la présidence de la République avec plus de 66 % des suffrages. Le plus jeune locataire – 39 ans - que l’Élysée n’ait jamais connu. Surtout, le seul à n’avoir exercé aucun mandat électoral, Emmanuel Macron ayant pour toute expérience de la chose publique ses deux années à Bercy comme ­ministre de l’Économie et deux autres en tant que secrétaire ­général adjoint de l’Élysée.

Cet énarque, inspecteur des ­Finances, issu de la promotion ­Léopold Sédar Senghor (lire encadré), qui a fait du renouveau de la politique française le credo de son mouvement En Marche ! (­devenu, le 8 mai, La République en marche), s’est déclaré partisan de remettre ­l’assurance santé sur l’établi de la réforme. Lors du débat d’entre deux tours face à Marine Le Pen, Emmanuel ­Macron s’est à nouveau prononcé en faveur de l’instauration de trois contrats types « pour garantir la transparence et faciliter les comparaisons ». Il s’agit pour l’ancien ministre de l’Économie de renforcer la concurrence, et de participer ainsi à ­l’objectif d’une prise en charge à 100 % des ­lunettes, des prothèses dentaires et de l’audition d’ici 2022.

Quelle promo !

Emmanuel Macron qui a fréquenté l’ENA entre 2002 et 2004 appartient à la promotion Sédar Senghor, dont plusieurs anciens élèves ont fait parler d’eux dans les cabinets de gauche – Gaspard Gantzer, Boris Vallaud, Mathias Vicherat – comme de droite – Sébastien Proto, Marguerite Bérard-Andrieu. Mais certains ont aussi essaimé dans le monde de l’assurance. Pierre-Alain de Malleray, président de Santiane et ex-directeur général de MutRé, est sorti de l’ENA au rang d’inspecteur des Finances comme le président. Dans cette même promotion, on retrouve Amélie Castera. Celle qui, depuis, a épousé Frédéric Oudéa et occupe aujourd’hui les fonctions de directrice marketing et digital du groupe Axa, avait alors fait le choix de la Cour des comptes comme Emmanuel Roux, directeur général du groupe mutualiste Aesio et ancien DG de la Mutualité française.

La fin du RSI

Ces contrats types devraient ­susciter de vives réactions parmi les assureurs complémentaires qui n’ont cessé, sous la présidence de François Hollande, de ­dénoncer les interventions intempestives de la puissance publique. La proposition du nouveau président paraît très inspirée de la ­réforme de l’aide à la complé­mentaire santé (ACS), appliquée le 1er juillet 2016 contre l’avis de toutes les fédérations concernées.

« On essaie de faire passer des ­messages », lâche pourtant un ­dirigeant mutualiste, convaincu, néanmoins, que les complémentaires n’échapperont pas à un encadrement de ce type. Un monde mutualiste qui a aussi contesté, par la voix des prin­cipaux concernés – LMDE et le réseau EmeVia –, la suppression des mutuelles étudiantes inscrite au programme d’Emmanuel ­Macron.

Ces organismes ne sont pas les seuls menacés par les ­propositions de l’ex-président d’En marche. En effet, ce dernier se montre déterminé à régler le dossier du Régime social des indépendants (RSI) en confiant la gestion de la protection sociale des non-­salariés au régime général, sans modifier leurs ­cotisations et prestations. Une décision qui porterait un coup aux acteurs de l’assurance – Apria RSA et mutuelles – conventionnés pour gérer les prestations maladie des indépendants.

Tout cela peut relever de la pure conjecture dans la mesure où le nouveau président de la République n’est pas ­assuré de disposer d’une majorité à ­l’Assemblée nationale. Dès le ­lendemain de son élection, si les marchés financiers (et les agences de notation) ont salué la ­victoire d’Emmanuel ­Macron, ils se sont également montrés ­prudents pour la suite. Le mouvement La République en marche va ­présenter des candidats dans les 577 circonscriptions, en faisant le pari que la logique majoritaire de la Véme République fonctionnera de nouveau à plein et que les électeurs lui accorderont les moyens de gouverner. Et en premier lieu, suivant son calendrier, de réformer le Code du travail, un ­chantier qui devrait aussi concerner les employeurs de l’assurance et tout particulièrement les TPE et PME largement majoritaires parmi les agents et courtiers.



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