Prévention routière : attention, usagers de la route fragiles !

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Motards, cyclistes, piétons... Ces publics dits vulnérables représentent 42 % des décès et 70 % des blessés graves. État et assureurs multiplient les actions de prévention.


georgeclerk/Getty Images

La sécurité routière ne concerne pas seulement les automobilistes, mais aussi les usagers qui partagent leur route. Si la plupart des campagnes de prévention visent à sensibiliser sur les comportements dangereux au volant, d’autres publics dits « vulnérables » font l’objet d’une attention nouvelle. Moins protégés que les usagers carrossés et moins visibles sur la route, piétons et deux-roues représentent aujourd’hui en France 42 % des personnes tuées sur les routes et 70 % des blessés graves, selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Historiquement, les efforts se sont portés sur les deux-roues motorisés dont le nombre d’accidents reste préoccupant. Motards et cyclomotoristes représentent, en effet, 43 % des blessés graves et 22 % des personnes tuées alors qu’ils constituent 1,9 % du trafic.

L’État s’est engagé, en 2015, dans une démar­che pour améliorer leur sécurité, au titre du véhicule, des équipements, de la formation, des infrastructures et des règles de circulation. Une ­réflexion à laquelle les assureurs ont été associés. Axa Prévention, notamment, conduit depuis 2012 l’opération « Sauve tes doigts », au cours de laquelle plus de 10 000 motards ont été sensibilisés au port de gants. « Nous avons été l’un des acteurs clefs dans l’adoption du port de gants obligatoire pour les deux-roues motorisés », explique Céline Soubranne, secré­taire générale d’Axa Prévention. Depuis le 20 novembre 2016, le non-port de gants certifiés CE est sanctionné d’une amende de ­troisième classe (68 €) pour le conducteur et le passager d’un deux, trois ou quatre-roues motorisées, auquel s’ajoute pour le conducteur le retrait d’un point sur le permis de conduire. Mais les efforts de prévention doivent se poursuivre, en matière, par exemple, de port du gilet airbag. La nouvelle convention de partenariat 2017-2022 entre la Fédération française de l’assurance (FFA) et le ministère de l’Intérieur érige en « priorité nationale » la réduction en nombre et en gravité des accidents des deux-roues motorisés. La délégation interministérielle à la sécurité routière et les assureurs cofinanceront, chaque année, une action d’envergure sur ce thème.

 


Source : Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ON ISR) mars 2017

Recul de la mortalité des motards

Première cible de ces actions, les jeunes. La Maif projette ainsi de mettre, dès l’an prochain, les adolescents conducteurs de scooters en situation de simulation grâce à la réalité virtuelle. « Nous éduquons les jeunes à la notion de risque avec une démarche que nous voulons pédagogique et non anxiogène », explique Bernard Royer, directeur de l’association Prévention Maif. Attitude Prévention, l’association de la FFA, organise chaque année une vingtaine d’opérations de sensibilisation en France à l’aide d’une piste deux-roues conçue avec les CRS.

La prévention commence à porter ses fruits puisque la mortalité cumulée sur ces 12 derniers mois des cyclomotoristes affiche une baisse de 53 % par rapport à l’année 2010, selon le baromètre de mars 2017 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). La mortalité des motocyclistes s’affiche en recul de 12 % par rapport à 2010. En ­revanche, la mortalité des piétons et des cyclistes (cumulée sur les douze derniers mois) augmentent respec­tivement de 14 % et 4 % par rapport à 2016, et de 10 % et 3 % par rapport à 2010. Signe de cette prise de conscience, le nouveau Conseil national de la sécurité routière, installé en janvier 2017, héberge non plus une commission « Deux-roues motorisés », mais une commis­sion « Public vulnérable ». Les enfants, qui représentent 16 % de la mortalité piétonnière et 4 % de la mortalité cycliste, font l’objet d’une vigilance particulière. Le port du casque, qui réduit de 70 % le risque de traumatisme crânien en cas de chute, est obligatoire pour les cyclistes de moins de 12 ans depuis le 22 mars 2017, sous peine d’une amende de 135 € pour les parents. La Macif mène ainsi des actions régionales auprès d’associations en dispensant des conseils sur la qualité du casque et en distribuant des bons d’achat. Mais le risque ne se limite pas aux enfants. La mortalité des 65 ans ou plus, en hausse quasi continue depuis 2013, s’établit en cumul sur ces 12 derniers mois à +14 % au-dessus de 2010. Les seniors représentaient, en 2016, 49 % de la mortalité piétonne avec 229 décès. La Macif expérimente la réalisation de « diagnostics de mobilité » avec l’aide de l’association Wimoov. Pour alerter sur ce danger, les associations Prévention routière et Attitude prévention unissent leurs efforts avec un programme collectif baptisé « Tous Piétons ». Cette opération, lancée ce 13 avril, vise à sensibiliser cha­que année 30 000 seniors. Une vigilance qui est nécessaire avec le vieillissement de la population.

La prévention chiffrée

Depuis 1995, les assureurs s’engagent à affecter aux actions de prévention des risques routiers, au moins 0,5 %, du montant des cotisations de responsabilité civile automobile qu’ils perçoivent. L’objectif fixé par le ministre de l’Intérieur, conformément aux orientations de la Commission européenne, est de voir le nombre de personnes tuées sur les routes divisé par deux entre 2010 et 2020.


Céline Soubranne

Céline Soubranne

Responsable RE d’Axa France et Secrétaire générale d’Axa Prévention

Céline Soubranne est née en 1975. 1996 : diplôme d'études supérieures spécialisées en communication des entreprises de l'université Nancy 2.   2000 : diplôme de [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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