Réforme du système de santé : le gouvernement lance une concertation

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Le premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la santé Agnès Buzyn ont annoncé mardi 13 février 2018 une stratégie de transformation du système de santé.


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Près de cinq mois après la stratégie nationale de santé, le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont annoncé une stratégie de transformation du système de santé à l’occasion d’un déplacement au centre hospitalier Simone Veil à Eaubonne (Val-d’Oise). M. Philippe a promis une réforme « globale » du système de santé, incluant l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social. Elle bénéficiera d’une enveloppe budgétaire annuelle de 100 M€, en plus du budget de l’Assurance maladie, pour accompagner les différentes initiatives.

Mme Buzyn et M. Philippe ont annoncé une période de réflexion et de concertation de trois mois autour de cinq chantiers. Le premier concerne la qualité et la pertinence des soins. Mme Buzyn saisira, en coordination avec la Haute autorité de santé et l’Assurance maladie, les conseils nationaux professionnels des différentes spécialités et le collège de médecine générale pour qu’ils proposent des actions pour améliorer, dans les pratiques, la pertinence des soins. Ils devront remettre leurs propositions d’ici l’été 2018.

Revoir la tarification hospitalière

Deuxième axe, « repenser les modes de rémunération, de financement et de régulation ». Des objectifs qui visent principalement l’hôpital et la tarification à l’activité (T2A) des actes. S’il n’est pas question de la supprimer, le gouvernement veut la corriger, la rééquilibrer pour atteindre un maximum de 50% de T2A à la fin du quinquennat. Les soins de ville sont aussi concernés par ce volet de la stratégie, puisque le ministère de la Santé devra formuler, avant l’été, des propositions pour améliorer la régulation de l’Ondam (objectif de dépenses d’assurance maladie voté dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale).

Généraliser le DMP

Troisièmement, l’exécutif veut accélérer le virage numérique. A ce titre figurent notamment la relance et la généralisation du DMP (devenu dossier médical personnalisé), déjà évoquée dans la stratégie nationale de santé, ainsi que la dématérialisation de l’ensemble des prescriptions. Le quatrième point vise la formation des professionnels de santé (réforme « en profondeur » du numerus clausus) et la fonction publique hospitalière à laquelle devra être proposé un « nouveau contrat social ».

Enfin, le gouvernement promet de repenser l’organisation territoriale des soins. Il souhaite en particulier « continuer à structurer les soins de ville » (organisation de la continuité des soins, de l’accès en premier recours à un généraliste ou à un spécialiste) et lancer des expérimentations territoriales pour « proposer des modèles d’organisation totalement nouveaux, qui prendront en charge la santé de toute une population (…) ». Dernière annonce, les tarifs hospitaliers intégreront dès cette année « une forte incitation à la médecine ambulatoire : la chirurgie n’est pas la seule concernée, il est grand temps d’étendre "le virage ambulatoire" à la médecine. »


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