Renoncement aux soins : les réponses dépendent des questions

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Les résultats des enquêtes sur le taux de renoncement aux soins pour raisons financières sont très sensibles à la formulation des questions. C'est ce que montre une enquête de la direction statistiques du ministère de la Santé.

Le taux de renoncement aux soins augmentent lorsque le type de soins est précisé dans la question.
Le taux de renoncement aux soins augmentent lorsque le type de soins est précisé dans la question.
D.R.

Demander à des sondés s’ils ont renoncé à un soin au cours des douze derniers mois, ou renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières au cours de la même période, ne donnera pas les mêmes résultats. Lorsque le type de soin et le motif sont précisés d’emblée, le taux de renoncement atteint 36%. Mais lorsque la raison principale (par exemple financière) et le type de soins ne sont précisés que dans un second temps, le taux de renoncement tombe à 21 %. Si la raison financière est précisée d’emblée mais pas le type de soins, ce taux s’établit à 31%.

Le grand écart

C’est que démontre un dossier solidarité et santé publié fin juillet 2015 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui a mesuré l’effet de la formulation sur le renoncement aux soins, à partir d’une technique dite d’échantillon partagé. Cette dernière consiste à comparer les réponses de plusieurs sous-échantillons de répondants soumis à différents jeux de formulation. Elle a été appliquée à l’édition 2013 du Baromètre d’opinion de la Drees, une enquête de suivi de l’opinion des Français sur la santé, la protection sociale et les inégalités.  Mais elle peut aussi apporter un éclairage sur les nombreux sondages sur le sujet, dont les conclusions font le grand écart.

Trou de mémoire

Si le taux de renoncement est le plus faible avec la question la plus générale, c’est parce que « avec une formulation générale, on s’expose à un biais de mémoire ». Et préciser d’emblée pour « raisons financières » augmente le taux de renoncement de 8 à 10 points. Et plus on ajoute de variantes, plus les réponses deviennent positives.

Inégalités sociales

En revanche, les déterminants sociaux du renoncement aux soins pour raisons financières sont « identiques quelle que soit la formulation adoptée », constate la Drees. Ainsi, 20% des personnes déclarant avoir renoncé à au moins un soin sont sans diplôme, environ 30% appartiennent au 1er quintile de niveau de vie (c’est-à-dire les 20% de ménages aux revenus les plus bas) et 30% au deuxième quintile. Un résultat qui confirme que les inégalités de santé vont de pair avec les inégalités sociales.
Enfin, le classement des soins faisant « le plus l’objet de renoncement est identique quelle que soit la formulation adoptée ». Et ce sont, sans surprise, les soins dentaires et les soins optique qui font « de loin », l’objet des taux de renoncement les plus élevés, indique la Drees.



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