RM/RH : un premier courant d'« R »
Mots clés : - ressources humaines,
- risk management,
- Bruno Dunoyer de Segonzac,
- Gilbert Canameras,
- AMRAE
Amené à négocier les assurances de personnes et à gérer une partie des risques sociaux, le DRH devrait être un interlocuteur naturel du risk-manager. Or, ces premières Rencontres RM/RH ont souligné que beaucoup restait à faire.
L'Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (Amrae) et l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) ont inauguré cette année un rendez-vous commun autour de la gestion des risques dans les ressources humaines. À l'occasion du discours inaugural de ces premières Rencontres RM/RH, qui se sont tenues à La Baule les 25 et 26 juin, le président de l'Amrae, Gilbert Canameras, a répété que « les risk-managers ne sont pas là pour convertir, mais pour convaincre que leur métier est important et qu'il apporte de la valeur aux entreprises. Cette valeur sera d'autant plus grande, justement, que nous saurons collaborer avec d'autres métiers ».
Premier risque, le silo
En réponse, Jean-Christophe Sciberras, son homologue de l'ANDRH, a évoqué une forte attente dans la vision globale de l'entreprise que le risk-manager est capable d'apporter, considérant que « le premier risque de nos organisations est de travailler " en silo " ».
Convaincues de la nécessité de mieux identifier la nature de leurs liens présents et futurs, ces deux associations ont mené une étude destinée à mieux appréhender la perception du rôle de risk-manager par les DRH. Fondée non pas sur un échantillon représentatif de la profession de DRH, mais sur les réponses de 143 d'entre eux, cette étude n'est qu'une vision de cette relation. « Les chiffres sont certes instructifs, mais, compte tenu de la surreprésentativité des PME, ils ne reflètent pas la réalité, car beaucoup d'entre elles n'ont pas de risk-manager, alors qu'elles ont un directeur des ressources humaines », précise Frédéric Lucas, risk-manager de Publicis et secrétaire général de l'Amrae.
Néanmoins, si 78% des répondants affirment ne pas identifier de risk-manager dans leur société, ils sont encore 69% à l'affirmer lorsque le périmètre se restreint aux plus grandes d'entre elles. Deux chiffres qui soulignent non seulement la distorsion du poids entre les deux fonctions, mais, surtout, le cloisonnement existant entre elles, alors que, justement, ces Rencontres ont souligné le bien-fondé de leur collaboration.
Il ressort de l'étude que risk-management et ressources humaines n'ont pas de langage commun, à tel point qu'il convient de reformuler les risques pour identifier ceux qui sont les plus fortement ressentis par les DRH. Quelle que soit la taille de l'entreprise, les trois mêmes grands facteurs de risque prennent la tête : la pratique managériale, le dialogue social et la pénibilité du travail. Ils devancent de peu les risques psychosociaux, alors que, curieusement, la politique salariale et les questions d'hygiène et de sécurité ferment la marche.
Un RM, pour quoi faire ?
Toutefois, ce qui a suscité le plus de réactions lors de la présentation de ces résultats, c'est bien la faible part (20%) de directeurs des ressources humaines qui se tournent vers les risk-managers pour les questions d'assurances. La grande majorité va chercher les compétences à l'extérieur de l'entreprise... à la plus grande satisfaction des courtiers (60%). Pourtant, « le risk-manager n'est pas un remplaçant du courtier. Sa valeur ajoutée se situe dans la méthode d'approche des risques et non dans leur traitement », met en garde Bruno Dunoyer de Segonzac, directeur de la gestion des risques de Bouygues Telecom. Une vision partagée et renforcée par Christophe Le Bars, DRH d'Europcar Groupe, qui précise néanmoins : « Je pousse souvent le risk-manager à sortir des indicateurs afin de ne pas rester dans le virtuel. »
N'est-ce pas une façon de dire que l'une des difficultés du risk-manager est encore d'apporter la preuve de son retour sur investissement ? Cependant, il semble convaincu de la pertinence de ce métier lorsqu'il conclut : « Au risque de plagier le titre de l'ouvrage de référence pour tous les DRH, "Tous DRH" (1), il faudrait dire aujourd'hui "Tous RM". »
1. « Tous DRH », Jean-Marie Peretti, troisième édition en 2012, Eyrolles.
QUELLE CARTOGRAPHIE ?
- Seuls 9% des DRH ont participé à l'élaboration de la cartographie des risques de leur entreprise. Et même si 31% d'entre eux affirment avoir déjà eu un tel document entre les mains, ils sont encore 60% à n'en avoir jamais vu. Par ailleurs, 14% avancent l'existence d'une cartographie, 20% pensent qu'elle est en cours ou prévue et 66% n'ont jamais entendu parler d'un tel projet.
- Ces quelques chiffres soulignent le grand décalage entre les deux fonctions et mesurent l'incroyable champ disponible pour envisager de futures collaborations.








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