Sécurité routière : l’enquête qui justifie l’abaissement de la vitesse à 80 km/h

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Selon l’Observatoire interministériel à la sécurité routière, 86% des décès entre 2012 et 2016 ont eu lieu sur des routes départementales.

Le gouvernement persiste et signe sur l’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires. Pour conforter la mesure très impopulaire, l’Observatoire interministériel à la sécurité routière publie une étude sur l’accidentologie de ces routes à double sens, hors agglomération. Il s’agit notamment de répondre aux demandes de certains départements, qui souhaitent une application différenciée de la mesure, qui doit entrer en vigueur au 1er juillet prochain.

Selon lONISR, 86% des décès entre 2012 et 2016 (soit 8221) ont eu lieu sur les routes départementales, contre 8% sur les routes nationales et 6% sur les voies communales. L’enquête a été menée dans l’ensemble des départements français, à l’exclusion de Paris, la petite couronne et Mayotte (où la vitesse est limitée à 70 km/h). Tous les départements enregistrent plus de 25 morts sur la période, et jusqu’à 286 dans les Bouches du Rhône. Les départements dans lesquels le nombre de personnes tuées sur route bidirectionnelle hors agglomération est le plus important sont des départements à métropole urbaine (Bouches-du-Rhône, Gironde, Loire-Atlantique, Isère) mais également des départements méditerranéens (Hérault, Var).

Une mortalité supérieure sur le réseau principal

L’enquête s’est penchée sur le « réseau principal », c’est-à-dire les routes nationales et les routes départementales de catégorie 1 ou 2 selon les départements, qui drainent le plus de trafic. Quelles que soient les conditions locales, ces routes concentrent un nombre d’accidents mortels supérieur. Cela est d’autant plus fort dans les départements montagneux comme les Alpes de Haute Provence (81% des personnes tuées) ou ruraux comme le Gers (78% des tués).

« Alors que l’on croit que ces routes sont les plus sûres, en réalité ce sont celles qui enregistrent le plus d’accidents mortels. Toutes les études successives confirment que les bénéfices d’un abaissement de la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/h seront en large part obtenus sur ces routes-là. Le choix qui a été fait d’abaisser la vitesse de 10 km/h sur la plus grande partie de ce réseau est donc pleinement conforté », conclut la délégation interministérielle à la sécurité routière.



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