Sécurité routière : le nombre de morts sur les routes stable en 2016

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3 477 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en 2016, selon le bilan définitif de l’Observatoire interministériel. La mortalité des piétons est en forte hausse.

AFP PHOTO / JEAN CHRISTOPHE MAGNENET
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L’objectif sera-t-il tenu ? Conformément aux orientations de la Commission Européenne, la France ambitionne de diviser le nombre de morts sur la route par deux entre 2010 et 2020. Après deux années consécutives de hausse, la mortalité routière semble se stabiliser : en 2016, 3477 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route, soit 16 décès de plus que l’année précédente, selon le bilan définitif de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

En revanche, le nombre personnes blessées sur les routes augmente de 2,6%, soit 72 645 personnes blessées dans 57 522 accidents corporels (+1,6%). 27 187 de ces personnes ont dû être hospitalisées (+2,2% par rapport à 2015) parmi lesquelles beaucoup garderont des séquelles graves.

baisse de 22% de la mortalité des cyclomotoristes

Le recul de l’usage des cyclomoteurs ainsi que les efforts de prévention se traduisent par un recul de la mortalité routière des cyclomotoristes (-22%), qui bénéficie principalement aux jeunes. Les 15-17 ans enregistrent, globalement, une mortalité routière moins forte avec 96 décès, soit une baisse de -23,2%. L'ONISR « attribue ce taux historiquement bas à la désaffection par cette classe d'âge de l'usage du cyclomoteur et de la motocyclette au profit des transports en commun ». La mortalité des motocyclistes reste stable avec 613 décès, 1 de moins qu'en 2015. Les usagers de deux-roues motorisés continuent tout de même de représenter 43% des personnes blessées graves et 21% des personnes tuées sur les routes.

Hausse de 19% de la mortalité piétonnière

La hausse de l’accidentalité routière est surtout sensible pour les usagers dits «vulnérables », qui font l’objet d’une attention nouvelle de la part des assureurs et des acteurs de la prévention routière. En 2016, on déplore ainsi 559 décès de piétons, soit une hausse de 19% (+ 51) par rapport à 2015. L'augmentation la plus forte touche les piétons seniors de plus de 75 ans (47 victimes en plus en 2016 soit +9%), les jeunes piétons de 18-24 ans (22 victimes supplémentaires) et les enfants piétons de moins de 14 ans (7 victimes en plus). Comparées aux autres membres de l'Union européenne, les personnes âgées de plus de 65 ans sont surreprésentées en France dans la mortalité piétonne (9 points en plus par rapport à la moyenne européenne).

La mortalité routière augmente également chez les cyclistes. En 2016, 162 cyclistes ont perdu la vie dans un accident de la route, soit 13 de plus qu'en 2015, ce qui correspond à une augmentation de 9%. Les seniors de plus 65 ans représentent 41% de la mortalité de cette catégorie d'usagers.

La mortalité des seniors, un enjeu de société

Globalement, la mortalité routière des seniors de 75 ans et plus enregistre une forte hausse avec 566 personnes décédées en 2016 (+9,1%). Une problématique qui va s’accentuer avec le vieillissement de la population. Selon l'INSEE, en 2050, un habitant sur trois aura plus de 60 ans, contre un sur cinq aujourd'hui. Pour sensibiliser les seniors, Attitude Prévention et l'Association Prévention Routière ont lancé en avril dernier une campagne « Tous piétons ».

La vitesse excessive ou inadaptée reste la cause première de la mortalité sur les routes de France. Elle apparaît dans un accident mortel sur trois. L'alcool est présent dans 29% des accidents mortels.  En 2016, 22% des personnes décédées l'étaient dans un accident impliquant au moins un conducteur ayant consommé un produit stupéfiant. Le cocktail cannabis/alcool multiplie par au moins 15 le risque de causer un accident mortel. Enfin, 20% des automobilistes tués ne portaient pas de ceinture de sécurité au moment de l'accident. En 2016, comme en 2015, 10% des cyclomotoristes et 4% des motocyclistes tués ne portaient pas de casque ou ne l'avaient pas, ou mal, attaché.

 



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