Solvabilité 2 : les trois axes de travail vus par l’Eiopa

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A l’occasion d’une intervention auprès du régulateur italien de l’assurance, Gabriel Bernardino, président de l’Autorité de contrôle européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa), a évoqué trois axes d’amélioration dans le pilotage des organismes sous Solvabilité 2.

Gabriel Bernardino, président de l’Eiopa a rappelé la nécessité d’une convergence réglementaire « pour garantir un level playing field [terrain de jeu commun] et maintenir un niveau de protection identique à l’ensemble des consommateurs de l’Union européenne. »
Gabriel Bernardino, président de l’Eiopa a rappelé la nécessité d’une convergence réglementaire « pour garantir un level playing field [terrain de jeu commun] et maintenir un niveau de protection identique à l’ensemble des consommateurs de l’Union européenne. »

Deux mois après l’entrée en vigueur de Solvabilité 2, la route vers l’appropriation opérationnelle du nouvel environnement réglementaire est encore longue. Lors d’une intervention à l’IVASS, le superviseur italien de l’assurance, Gabriel Bernardino, président de l’Eiopa, a rappelé la nécessité d’une convergence réglementaire « pour garantir un level playing field [terrain de jeu commun] et maintenir un niveau de protection identique à l’ensemble des consommateurs de l’Union européenne. »
Il a, par ailleurs, identifié trois attentes fortes liées à l’intégration de la directive européenne et détaillé les attentes en la matière du superviseur.

1-    Améliorer l’appropriation de l’Orsa
L’Orsa ou l’évaluation interne des risques et de la solvabilité (own risk and solvency assessment) est un « élément crucial dans Solvabilité 2 », pointe Gabriel Bernardino. Ce processus défini à l’article 45 de la directive, qui doit déboucher sur un rapport, a pour objectif de prendre en compte les risques dans le pilotage stratégique de l’entreprise. Problème : cette politique de gestion des risques est encore sous-estimée dans l’environnement actuelle, selon l’Eiopa : « Les assureurs devraient renforcer leurs capacités en management des risques pour faire face aux différents enjeux posés par le ralentissement de l’économie, l’environnement de taux bas, la volatilité des marchés financiers et les inquiétudes sur la dette souveraine. »

En conséquence de quoi, le superviseur européen enjoint « les conseils d’administration des compagnies à installer, propager et renforcer la culture du risque, ceci afin d’influencer directement la stratégie et les objectifs business et d’embarquer les process et travaux de management des risques. »

2-    Un enjeu de communication financière
L’une des pierres angulaires du nouveau régime est la transparence. Dans un environnement S2, les organismes d’assurance seront attentifs à la communication et la perception par les parties prenantes des informations liées à la solvabilité et à la situation financière.
Si Gabriel Bernardino a conscience qu’il s’agit là « d’un changement de paradigme profond », il encourage toutefois « les entreprises d'assurance et de réassurance à saisir cette occasion et à participer activement à une communication cohérente, comparable et de haute qualité avec leurs parties prenantes. » Qui plus est dans un contexte où les indicateurs « seront plus volatils que par le passé. »

3-    Une culture centrée sur le consommateur
Vœu pieu ou rappel de principes a priori tenus pour acquis, les compagnies sont invitées à « placer l’intérêt de leurs consommateurs au cœur de leurs activités ». Et ce, dès la phase de conception des produits et jusqu’aux canaux de distribution sélectionnés, lesquels doivent être « appropriés au marché ciblé ».
« Les entreprises doivent établir des processus pour s’assurer que leurs management commercialisent des produits aux seuls consommateurs pour qui ils ont été conçus », rappelle Gabriel Bernardino.

Vers une révision patiente de la directive
Outre ces axes d’amélioration, l’Eiopa estime que Solvabilité 2 aura besoin d’une période de stabilité… jusqu’à la clause de revoyure qui interviendra en 2018 ! Année où « nous revisiterons le calibrage des différentes classes d'actifs et devrions intégrer les obligations souveraines », poursuit Gabriel Bernardino.
Et ce dernier de paraphraser Jules César : « Il est plus facile de trouver des hommes prêts à mourir volontairement que d’en trouver prêts à supporter la douleur avec patience. » Signe que la réforme du système financier prendra du temps et nécessitera « des légions prêtes à supporter la douleur de l’apprentissage. »
 



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