Terrorisme : « Dans aucun autre pays, on indemnise autant les victimes », selon Juliette Méadel

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La convention proposée par la secrétaire d’Etat impose au Fonds de garantie des victimes (FGTI) de nouvelles obligations en termes d’accompagnement psychologique.

« L’aide aux victimes, ce n’est pas que l’indemnisation, c’est aussi l’accompagnement psychologique », a relevé la secrétaire d’Etat en charge de l’aide aux victimes Juliette Méadel au micro d’Europe 1 mardi 7 mars. La convention signée avec le Fonds de garantie des victimes d’actes terroristes (FGTI) ne se contente pas d’assurer sa pérennité financière grâce à la garantie de l'Etat, elle donne également au FGTI de nouvelles missions de service public.

Création d’un médiateur

« Il est vrai que le FGTI est un peu froid, un peu bureaucratique, j’ai donc proposé une convention au FGTI qui en fait un opérateur de service public avec des formations pour le personnel où on répond plus vite, on est plus humain, plus transparent. (…) Il faut de la subtilité. Je demande à chaque agent du FGTI de prendre le temps de recevoir les victimes », a expliqué Juliette Méadel. La convention signée vendredi 3 mars par le conseil d’administration du FGTI comporte ainsi « des obligations en termes de permanence » en créant une fonction de médiateur chargé d’écouter et de parler aux victimes.

L’Etat compte, par ailleurs, lancer une « réserve citoyenne de volontaires » sur le modèle d’Israël pour venir en aide aux victimes ainsi qu’un centre de résilience avec des psychologues et en particulier « des pédo-psychiatres formés au traitement de ces traumatismes ».

Indemnisation « intégrale » du préjudice

Si la secrétaire d’Etat met l’accent sur l’accompagnement psychologique des victimes d’attentats, elle a également défendu le régime d’indemnisation, alors que l’action du FGTI a dernièrement fait l’objet de critiques.  « En France, on indemnise intégralement le préjudice. Il n’y a pas deux victimes qui ont vécu la même chose, il n’y a pas deux propositions qui se ressemblent car chaque situation est unique. C’est ce qui fait notre force. Dans aucun autre pays au monde, on indemnise autant les victimes d’attentats », a-t-elle souligné.

Le FGTI fait ainsi des propositions d’indemnisation aux victimes, en tenant compte de préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux, comme le « préjudice d’affection » (perte d’un proche). Une question reste, à l'étude, celle de la reconnaissance du « préjudice d’angoisse » (peur de la mort et sensation de voir sa vie défiler) et du « préjudice d’attente » (sans nouvelles d’un proche) dont le principe a été acté par le conseil d'administration du FGTI. « Il n’y a pas de prix pour la mort, pour la perte d’un enfant mais on essaie de proposer une indemnisation qui est presque symbolique. C’est une manière pour l’Etat de reconnaître sa souffrance », a répondu la secrétaire d’Etat face aux polémiques entourant l’indemnisation des victimes.



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