Un tour de vis de plus qui fait grogner les libéraux

Par - Publié le


DR

Les nouveaux efforts d'économies voulus par le gouvernement ne passent pas. Certaines professions de santé brandissent la menace de l'emploi.

Imposé par le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le tour de vis qui fixe l'objectif de progression des dépenses de santé (Ondam) à 2,7%, au lieu des 3% promis par François Hollande, suscite la grogne chez les professionnels de santé exerçant en libéral. « Nous sommes encore plus inquiets d'apprendre qu'il sera dégressif les années suivantes pour atteindre 2,5% en 2015, ce qui signifie un retour à la case 2012 », a déclaré Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), premier syndicat de médecins libéraux, et du Centre national des professions de santé (CNPS), à l'occasion de la journée de rentrée, le 5 octobre, de cette organisation qui regroupe 30 syndicats représentant 360 000 professionnels libéraux.

Les plus mécontents sont les biologistes, touchés par des baisses tarifaires. « C'est la septième baisse en six ans », déplore François Blanchecotte, le président du syndicat des biologistes, qui a brandi la menace de suppressions de postes dans les laboratoires d'analyses médicales.

Pour Michel Chassang, les nouveaux efforts demandés (1,7 Md€ sur les soins de ville) sont « d'autant plus difficilement acceptables que les libéraux ont tenu les engagements de maîtrise des dépenses en 2011 et qu'ils les tiendront encore en 2012, avec même une sous-réalisation ». Selon les estimations de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, les dépenses seraient de 800 M€ inférieures aux objectifs en 2011 et de 350 M€ en 2012.

 

Continuons à négocier

« Nous sommes frustrés de ne pas avoir de retour, car nous sommes aussi des entrepreneurs qui pourraient embaucher », a affirmé Catherine Mojaïski, présidente de la Confédération nationale des syndicats dentaires. Invitée par le CNPS, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a bénéficié d'une oreille attentive des libéraux en déclarant souhaiter que le système de négociations conventionnelles puisse « vivre et trouver un nouvel essor ». L'issue des négociations sur les dépassements d'honoraires dira si le message a été reçu.

LE FRANC-PARLER DE CATHERINE LEMORTON
  • Alors que le rôle des complémentaires santé était évoqué au cours de cette journée de rentrée du CNPS, le 5 octobre, Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, a indiqué qu'elle avait très rapidement mis en garde l'équipe de François Hollande contre la promesse de généralisation du tiers payant : « Cela coûte très cher aux professions de santé et peut occuper les deux tiers du temps d'une préparatrice en pharmacie. »
  • La députée PS n'a pas oublié de préciser qu'elle parlait avec sa casquette de pharmacienne. Enfin, elle a aussi déclaré qu'elle « n'aimerait pas devoir légiférer sur les dépassements d'honoraires ».


 


Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin imprimer envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
image catalogue connexion

Abonnement 1 an

Magazine hebdomadaire + e-newsletter

quotidienne + accès aux archives du site

Toutes les offresbouton je m abonne

article extrait de l’argus de l’assurance

Tous les vendredis, l’information de référence
des institutionnels et des réseaux
 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous

Mon compte

Mot de passe oublié? C'est votre première visite?