Victoire de Donald Trump : un non-évènement pour l’assurance ?

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Particulièrement attaquées sur les Bourses à l’ouverture, les valeurs assurance ont effacé leurs pertes au cours de la séance. Les investisseurs prennent acte de la victoire de Donald Trump en attendant la suite des évènements sur le front économique et, en particulier, la perspective d’une remontée des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Une étude publiée ce jour par Intelligent Insider révèle que pour 65% des dirigeants de l’assurance et de la réassurance, la victoire de Trump est une « source d’inquiétude et de déception ».
Une étude publiée ce jour par Intelligent Insider révèle que pour 65% des dirigeants de l’assurance et de la réassurance, la victoire de Trump est une « source d’inquiétude et de déception ».

Bis repetita. Comme lors du Brexit, les marchés financiers ont été pris de court par le dénouement du scrutin américain marqué par l’élection surprise du candidat républicain Donald Trump. A l’ouverture, les principales places financières débutaient la séance dans le rouge - CAC 40 en baisse de 2,64%, Foostie 100 en recul de 2% - avant de finalement réduire leurs pertes en fin de séance. Au point même de revenir en territoire positif.

Les valeurs bancaires et financières n’ont pas échappé à ce mouvement de redressement. L’action Axa engrange 2,80% dans la même trajectoire que ses concurrents européens : Allianz (+1,76%), Zurich Insurance (+0,78%), Generali (+2,39%), Prudential plc (+3,77%).

Dans l'attente de la Fed à court terme

Outre-Atlantique, la Bourse de Wall Street a ouvert la séance à l’équilibre. Des valeurs comme Metlife (+3,76%) ou AIG (+1,31%) ne portent aucune trace de défiance des investisseurs post-scrutin. Cette évolution des courbes s’explique à la fois par l’acceptation progressive par le marché de la victoire de Donald Trump et son discours plutôt modéré et fédérateur.

De même, la confiance est revenue au gré de la remontée des anticipations concernant une hausse des taux de la Fed attendue pour la fin de l’année.

Les interrogations demeurent à plus long terme

Derrière cette confiance relative à court terme, le secteur considère toutefois l’issue de l’élection comme une mauvaise nouvelle. Une étude publiée ce jour par Intelligent Insider révèle que pour 65% des dirigeants de l’assurance et de la réassurance, la victoire de Trump est une « source d’inquiétude et de déception ». Le profil « sociopathe » du 45e président des Etats-Unis pourrait d'ailleurs constituer une menace pour la stabilité économique.

Peu de dirigeants de l’assurance ont osé prendre publiquement la parole pour commenter l’évènement politique du jour. Exception faite d'Olivier Bäte, directeur général d’Allianz Group : « Bien que l’élection mette un coup d’arrêt au TTIP [traité de libre-échange], nous pouvons seulement espérer que tôt ou tard Trump essaiera de forcer l’intégration entre les marchés européens et américains. Le fait que Trump entretiennent un peu de mystère en termes de politique étrangère est de nature à accroitre l’incertitude », a-t-il déclaré sur Twitter.

De son côté, Andreas Gruber, directeur financier d’Allianz Group, a comparé la victoire de Trump à une « situation comparable au Brexit » au regard de la « nervosité des marchés ». Toutefois, elle ne devrait pas « déboucher sur des changements immédiats en matière de stratégie d’investissement. Ni pour nous, ni pour nos clients ».

Climat : les investisseurs redoutent un « Parexit »

L’élection du candidat républicain inquiète aussi le secteur financier (dont l’assurance) et la communauté internationale réunis en ce moment même à Marrackech au Maroc à l’occasion de la COP 22 pour concrétiser les promesses de l’Accord de Paris (COP 21). Et pour cause : ces dernières semaines, Donald Trump avait qualifié le réchauffement climatique de « canular » et annoncé son intention « d’annuler »  le traité obtenu à Paris l’an dernier et qui fait l’objet depuis un an d’un long processus de ratification pour les pays engagés.

Face au risque d'un « Parexit » (sortie de l’Accord de Paris), Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC) - collectif de 128 acteurs, dont Aegon, Aviva, Axa, représentant plus de 13 000 Md$ d’actifs sous gestion - ont manifesté leurs inquiétudes. Stephanie Pfeifer, son directeur général s’est dit « préoccupée par le risque que le résultat inouï de l’élection américaine ne rende incertain l’agenda politique sur le climat. »

 



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