Agents généraux : le réseau Axa pose ses conditions face à une compagnie en pleine mutation

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Evoluer, oui. Mais pas à n’importe quel prix. Réélu pour trois ans à la tête de Réussir, le syndicat des agents Axa, Pascal Chapelon a fixé, lors du congrès de Perpignan, les principes que la compagnie devra respecter dans ses futurs projets de transformation du réseau.

Pascal Chapelon a été réélu à la présidence de Réussir, le syndicat des agents généraux Axa.
Pascal Chapelon a été réélu à la présidence de Réussir, le syndicat des agents généraux Axa.

Une étape de « reconnaissance » entre Axa France et son réseau d’agents généraux, avant d’engager des travaux en profondeur. C’est ce qu’aura été le congrès de Réussir, le syndicat des agents Axa, qui se tenait les 29 et 30 septembre 2016 à Perpignan.

Lors de cet événement, les quelque 700 agents présents ont retrouvé Jacques de Peretti qu’ils avaient l’habitude de côtoyer lorsqu’il était directeur d’Axa Entreprises puis d’Axa Particuliers et Professionnels avant de partir diriger les activités du groupe au Japon en 2015.

C’est donc à Perpignan qu’ont eu lieu les retrouvailles avec celui qui, le 1er juillet, est devenu directeur général d’Axa France. En réalité, le congrès aura plutôt été l’occasion de refaire connaissance tant la situation du réseau, de la compagnie et de leur environnement, a évolué en 18 mois.

Perte de compétitivité

Dans ses nouvelles fonctions, Jacques de Peretti a donné aux  agents, un aperçu des bouleversements du marché (taux bas, réglementation, modification des attentes de consommateurs, etc.) et des changements en cours au sein d’Axa France. La compagnie vient d’engager un plan de réorganisation qui a pour objectif, a-t-il précisé, « de mieux nous occuper des clients, d’accélérer la transformation, d’augmenter notre efficacité et de faire des économies. »

Dans ce contexte, quel sera l’avenir des agents généraux ? Sachant que le quotidien du réseau n’est déjà pas idéal. Le syndicat Réussir fait en effet état de baisses de chiffre d’affaires sur le marché des professionnels et des entreprises mais aussi de pertes de contrats, qui pourraient atteindre les 60 000 en automobile et les 42 000 en habitation à la fin de l’année, sur base des données à fin août 2016. Axa France perd des parts de marché face à la concurrence, a reconnu Jacques de Peretti. Un des handicaps de la compagnie serait, selon lui, ses « charges trop élevées. »

Autre déception pour le syndicat : l’abandon de plusieurs projets tels qu’un programme de fidélisation annoncé de longue date et une formation pratique à la prospection pour les nouveaux entrants dans la profession. Ces projets faisaient sens aux yeux du syndicat mais ils ont été jugés trop coûteux par la compagnie, d’où sa décision de les stopper.

Lignes rouges à ne pas franchir

Alors que se prépare une nouvelle ère pour Axa France et son réseau, Pascal Chapelon, réélu président de Réussir pour trois ans, se dit prêt à « écrire un nouveau modèle » avec la compagnie, « mais pas à n’importe quelles conditions et pas à n’importe quel prix. »

Le congrès a donc été l’occasion de rappeler à Axa France quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir. « Ce que nous ne voulons pas c’est abandonner la relation clients construite au cours des années », a-t-il indiqué.

Pas question non plus « de brader le mandat d’agent  général », ni « de remettre en cause notre principe de rémunération sur la base de commissions, fondement même du métier d’intermédiaire que nous avons choisi », ou « d’abandonner notre métier d’indépendants au profit d’un statut de franchisé. » Autrement dit, les agents généraux – jeunes ou expérimentés - doivent pouvoir rester libres d’exercer leur métier comme ils l’entendent : gérer les sinistres ou confier cette tâche à la compagnie, exercer en association ou en solo, etc.

Une transformation qui soulèvera de nombreux débats

Sur certains points, les positions du réseau font écho à celle de Jacques de Peretti. Le directeur général d’Axa France se dit ainsi favorable à des relations différenciées afin que chacun puisse développer ses compétences, son plan d’action et sa stratégie.

Mais selon lui, les modèles d’hier, même s’ils ont porté leurs fruits, ne permettront pas de faire face aux évolutions actuelles « Si vous pensez que vous allez rester sans bouger et que les commissions vont continuer à évoluer ou du moins à rester stable, vous vous trompez », a-t-il lancé aux agents. Le directeur général d’Axa France ne croit pas qu’à l’avenir, il ne soit pas possible de « partager la relation client » ou encore que les collaboratrices des agents ne puissent pas « être formées et animées par des spécialistes de la compagnie. »

Au cours des prochains rendez-vous entre la compagnie et le syndicat, les sujets de débats ne manqueront pas.



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