Agents généraux MMA : un réseau en pleine mutation… mais divisé

Par - Publié le

,

,

,

,

,

,

Le Sagamm, syndicat des agents MMA, a soumis au vote de ses adhérents une série de mesures qui devraient conduire à accélérer l’orientation du réseau vers le marché des entreprises. Ces dispositions ont été adoptées lors de la dernière assemblée générale mais à une courte majorité : 56% des voix.

Les mesures présentées aux agents généraux MMA par Jean-François Bianchi, président du Sagamm ont fait débat lors de la dernière assemblée générale.
Les mesures présentées aux agents généraux MMA par Jean-François Bianchi, président du Sagamm ont fait débat lors de la dernière assemblée générale.
© P. Vassal

Les débats ont été vifs à en croire des agents généraux MMA qui ont assisté à l'assemblée générale de leur syndicat, le Sagamm, le 2 juin 2016. Ce jour-là, le comité directeur du syndicat présentait au réseau une série de mesures résultant de deux ans de travaux et de négociations avec MMA sur le devenir du réseau, un projet baptisé « Agents de demain ».

« Avec la loi Hamon, l'ANI et la percée d'acteurs tels que les bancassureurs et les comparateurs, se maintenir en tant qu'agent général sur le marché des particuliers, notamment en zone urbaine, va devenir difficile », explique Jean-François Bianchi, président du Sagamm.

Parmi les nombreuses propositions soumises au vote des adhérents du syndicat, plusieurs sont destinées à aider les agents qui ne l'auraient pas encore fait à prendre le virage des professionnels et des PME : nouveaux cursus de formation permettant de bénéficier de labels – BTP, agriculture, viticulture, etc. - et de services associés à ces expertises, délégations supplémentaires, baisses de tarifs, mais aussi accès facilité au courtage pour les risques que ne couvre pas MMA.

Accès au courtage en risques d'entreprises

L'objectif de cette disposition, révélée par nos confrères de la Tribune de l'assurance, est d'encadrer et de faciliter la pratique du courtage accessoire qui représente aujourd'hui 5% de l'activité du réseau afin que les agents généraux puissent apporter des réponses complètes aux dirigeants d'entreprises.

Les modalités pratiques de cette mesure restent à préciser, « mais il a été acté que les agents généraux auront à leur disposition une structure de courtage pour les risques d'entreprises que MMA ne souscrit pas », précise Jean-François Bianchi. Reste pour la compagnie à trouver un partenaire. Des discussions seraient en cours avec le cabinet Finaxy. Le réseau MMA qui compte environ 1200 agents réalise encore une majorité de son chiffre d’affaires auprès d’une clientèle de particuliers (65% en 2014). Mais dans les cinq ans à venir, l’objectif selon le Sagamm est d’atteindre les 60% sur le marché des entreprises.   

Une offre moins commissionnée pour exister sur les comparateurs

Autre modification et non des moindres pour le réseau : le lancement à la rentrée d'une assurance automobile à prix d'appel pour rivaliser avec des offres concurrentes sur les comparateurs, soit 19% moins chère que le contrat actuel qui continuera à exister. Le différentiel de tarif de ce contrat qui sera commercialisé par le réseau tient en partie à une suppression de garanties... mais aussi à une baisse des commissions perçues par les agents, un sujet pour le moins sensible.

Au lieu d'être rémunérés à hauteur de 13% (et jusqu'à 17% en tenant compte de variables telles que le ratio sinistres/primes) comme cela est le cas pour l'offre actuelle, les agents toucheront 7% sur ce nouveau contrat, un taux de commission qui pourra passer à 11% si des garanties supplémentaires sont souscrites ou si le client est multi-équipé. Objectif de ce dispositif qui pourrait être appliqué à d'autres offres : apporter des réponses au réseau face à des concurrents qui jouent la carte tarifaire et créer du trafic en agence.

Des dispositions qui ont fait débat

Ces mesures auxquelles s'ajoutent des dispositions concernant les moyens financiers mis à la disposition du réseau par la compagnie, les opérations commerciales ou encore les conditions d'exercice en SARL (possibilité de mono-gérance, par exemple) vont conduire à une réécriture des annexes du cadre contractuel qui régit les relations entre la compagnie et le réseau.

Sachant qu'elles ne modifient pas le cœur du contrat, le syndicat n'était pas obligé de les soumettre au vote, selon Jean-François Bianchi, qui a pourtant demandé aux adhérents de s'exprimer. Au final, les dispositions du projet ont été approuvées par 56% des 845 votants (sur 1019 adhérents au syndicat), un score qui traduit les divergences exprimées au sein du réseau.

Pour le syndicat, certains n'ont pas pris la mesure de l'ampleur des évolutions en cours sur le marché des particuliers, d'autres craignent pour leur activité parce qu'ils seraient implantés dans des territoires n'offrant pas suffisamment de potentiel sur le marché des entreprises... A moins que certains adhérents, trois ans après une élection disputée et à l'approche d'une assemblée générale élective prévue en fin d'année, aient souhaité faire passer d'autres messages...



Effectuer une autre recherche

Rechercher