Journées du courtage 2016

Hiscox : Le nouveau DG France n’arrivera pas avant six mois (JDC 2016)

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Stéphane Flaquet, nommé directeur général Europe de l’assureur Hiscox en juillet 2016, se prépare à porter la double casquette, France et Europe, pendant six à neuf mois. Interrogé lors des Journées du courtage, il s'exprime, par ailleurs, sur les « bouleversements » qu'il entrevoit dans la grande famille des intermédiaires...

Stéphane Flaquet a été nommé directeur général Europe de l'assureur Hiscox en juillet dernier.
Stéphane Flaquet a été nommé directeur général Europe de l'assureur Hiscox en juillet dernier.
Suki Dhanda

Un déplacement à Bordeaux le lundi, une journée parisienne le mardi, avant un départ pour Londres le mercredi, Stéphane Flaquet a une entrée en matière musclée depuis sa nomination en juillet dernier. Aux Journées du Courtage, il a répondu aux incertitudes concernant la direction générale France, vacante depuis le départ de Pierre-Olivier Desaulle en juin dernier.

 

Vous avez remplacé cet été Pierre-Olivier Desaulle, qui occupait les postes de directeur général Europe et France depuis décembre 2014. Pensez-vous conserver les deux casquettes ?

L’une de mes priorités est actuellement de recruter un patron pour la France car l’Europe mérite un leader à plein temps et la France, en tant que premier pays de la zone, aussi. Nous allons bientôt commencer les entretiens.

Quel profil recherchez-vous ?

Ces deux dernières années, nous avons musclé nos équipes de souscription avec des profils pointus et seniors. Je pense, par exemple, à Benoît Combarel qui a pris ses fonctions de directeur de la souscription France d’Hiscox en mai dernier, après un parcours de vingt ans dans l’assurance. Nous cherchons donc moins un collaborateur au carnet d’adresses fourni – car nos équipes commerciales ont les atouts pour cela – qu’un meneur d’hommes. Le directeur général pourra être choisi chez Hiscox comme en externe, au sein du secteur de l’assurance, comme en dehors. Nous avons réalisé plusieurs recrutements hors du monde de l’assurance ces dernières années. Cependant, je pencherais plutôt pour l'embauche d’un professionnel de notre marché car il est important de comprendre l’aspect culturel et humain de l’assurance et du groupe en particulier. D’autant que nous avons une culture anglo-saxonne chez Hiscox qui n’est pas forcément facile à appréhender au premier abord.

Est-ce que cette nouvelle recrue pourrait être un(e) manager anglo-saxon du groupe ?

Nous tenons à recruter un(e) Français(e), vivant à Paris, car nous avons des enjeux de proximité et il n’est pas possible d’exercer ces fonctions à distance.

A quelle échéance l’entité française peut-elle attendre l’arrivée du nouveau directeur général ?

Cela ira bien sûr plus vite si le recrutement se fait en interne. Cependant, nous souhaitons prendre le temps de faire le bon choix. C’est important pour la France. Je me prépare donc à porter la double casquette de directeur général Europe et France pendant six à neuf mois. C’est exigeant, mais c’est aussi une bonne expérience pour moi. Je retrouve le marché hexagonal après avoir passé un peu plus de quatre ans à Londres, à chapeauter l’informatique du groupe.

Cette rencontre a lieu aux Journées du courtage, à Paris. Quelles sont vos impressions sur les orientations du courtage français ?

J’ai l’impression que les frontières sont plus floues entre les grossistes, les courtiers directs, les démarches affinitaires, etc. Le secteur fonctionne moins en silos que lorsque je suis parti à Londres. Il est marquant de voir que la valeur ajoutée des courtiers grossistes est moins sur le conseil que sur les plateformes technologiques mises à disposition. Enfin, les aspects réglementaires sont difficiles à assumer pour les petits courtiers. Nous allons certainement continuer à voir beaucoup de bouleversements.

La stratégie d’Hiscox sur la distribution directe, à destination des TPE et PME, peut inquiéter les courtiers de proximité. Comprenez-vous ces réactions ?

Ce n’est pas une stratégie qu’Hiscox mène envers et contre les lois du marché. La désintermédiation est une évolution qui va dans le sens de l’Histoire et devant laquelle on ne peut pas se cacher les yeux. C’est vrai pour les assureurs comme pour les courtiers. Mais j’aimerais rappeler que la prime moyenne d’Hiscox sur ce canal de distribution évolue entre 500 et 600 €. Une commission à 20% sur ce montant n’est pas rentable pour un courtier de proximité.

Quels objectifs avez-vous en tête depuis votre entrée en poste ?

Je crois qu’il est important de rester sur nos fondamentaux : ne pas se disperser en travaillant avec 3000 courtiers et s’appuyer sur notre expertise technique. A titre personnel, l’un de mes points de vigilance est de ne pas me reposer sur  des certitudes. Comme je le disais précédemment, le marché a changé depuis 4 ans ½ même si cela reste un petit monde et que les acteurs me sont familiers. Enfin, mon expérience au niveau du groupe m’a permis d’avoir une vision globale et d’observer beaucoup de similarités entre les différentes entités de la société. Il est crucial d’utiliser au mieux les ressources existantes, rechercher les compétences auprès de nos 2500 collaborateurs, pour ne pas réinventer la roue en pensant innover.

 

 


Stéphane  Flaquet

Stéphane Flaquet

Directeur Général d’Hiscox Europe

1996 : Master en finance et comptabilité de l’École de management de Lyon. 1996-99 : Structured Finance Executive à PNB Paribas (Abu Dhabi & Paris). 2000-02 : responsable marketing chez Capital One [...]

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