Le groupe April est-il de retour ?

Par - Publié le

,

,

Le groupe de courtage April a présenté sa stratégie pour 2016, année qu’il qualifie d’année de transition. Après plusieurs exercices compliqués, et au prix de lourds investissements, le groupe lyonnais fait passer les voyants au vert. Décryptage de cette stratégie en cinq points.

Bruno Rousset, a repris les rênes opérationnelles d'April en janvier 2013 et restructuré depuis le management du groupe.
Bruno Rousset, a repris les rênes opérationnelles d'April en janvier 2013 et restructuré depuis le management du groupe.
Gregory.PICOUT

Premier indice : April versera un dividende minimum à ses actionnaires

Pour 2015, April versera des dividendes à 26 centimes par action, ce qui correspond à un taux de distribution de 25%, soit le minimum garanti par le groupe. A titre de comparaison, April avait un taux de distribution de 47% en 2014 et de 40% en 2013. « Nous n’avons pas de restitution d’excédent de trésorerie en raison d’investissements requis pour notre plan de développement », précise Marc Le Doze, directeur financier. Le groupe garde donc des marges de manœuvre pour assumer ses « ambitions mesurées en matière de croissance externe », formule Emmanuel Morandini, directeur général délégué.

En janvier 2016, le groupe a annoncé deux acquisitions financées sur ses fonds propres. Celle d’Avilog, société spécialisée dans la gestion des prestations santé en assurance collective, qui emploie 30 personnes en France, et celle de Global Health, grossiste en santé internationale, qui emploie 60 personnes à Hong Kong. Cette dernière cible lui permet d’étendre sa présence en Asie, notamment sur ses marchés actuels (Thaïlande, Chine, Singapour).

Et c’est bien vers l’international que le regard du courtier se porte pour de prochaines acquisitions. « Nous ne regardons pas beaucoup la France », confirme Emmanuel Morandini qui cite l’Italie comme un pays intéressant pour une acquisition en assurance emprunteur. L’Amérique du Nord est également un terrain sur lequel le groupe souhaite, en 2016, renforcer ses positions avec des croissances externes ciblées, sur des nouvelles niches dommages au Canada par exemple.

 

Deuxième indice : l’optimisme est de retour à l’étranger

Conscient que le marché français pourrait se tarir en assurance emprunteur, le groupe mise donc sur un développement international en Italie, via une possible acquisition, mais aussi en Allemagne, pour un développement organique. Mais April annonce aussi des dynamiques commerciales encourageantes, au Brésil où l’activité est soutenue malgré le contexte économique, ou en Colombie avec de nouveaux clients en gestion pour compte et l’acquisition d’une licence de gestionnaire santé en assistance médicale.Le groupe assure également que l'horizon se dégage en Asie.

 

Troisième indice : la branche dommage retrouve des couleurs

« Sur le dommage, la tendance est nettement plus favorable qu’à l’exercice précédent », assure Marc le Doze. Le groupe revient en terrain positif en marge opérationnelle courante (1,9%) et il annonce de bonnes performances pour ses courtiers grossistes positionnés sur des niches. Le stock en primes est en croissance de 33% sur les deux-roues, de 18% sur la RC Pro, de 12% sur la multi risques immeuble et de 7% sur l’auto aggravée. La croissance globale du stock est de 3,5%. Enfin, sur le réseau de boutiques, « historiquement difficile », 2015 marque « la diminution de nos pertes », assure le courtier. Le portefeuille est en croissance de 2% et des stratégies de fidélisation ont été mises en place. « Nous voyons les premiers résultats de nos efforts, mais la route est encore longue », résume Bruno Rousset, PDG du groupe April.

 

Quatrième indice : April ouvre ses bras aux distributeurs

April, qui affichait moins de 10 000 courtiers actifs il y a un an en comptabilise 10 700 aujourd’hui et espère atteindre les 12 000 intermédiaires de proximité. Le groupe affiche de fortes ambitions de formation de son réseau de distribution en santé-prévoyance.

En tout, le courtier s’adresse à 20 000 distributeurs en comptant les concessionnaires auto, les agences de voyage et même les petits commerces de proximité au Brésil. En effet, le groupe a signé fin 2015 avec une start-up brésilienne, Bit Seguros, qui s’appelle maintenant April Seguros, qui permet de payer une prime d’assurance sur un terminal mobile de carte bancaire. « Quelques dizaines de boutiques sont équipées et nous sommes en phase de rodage mais les premiers retours sont bons », annonce Emmanuel Morandini.

 

Cinquième indice : April maintient des investissements forts en RH et IT

Après avoir augmenté ses investissements RH et IT de 30% entre 2014 et 2015, April a maintenu le même effort entre 2015 et 2016. L’objectif du groupe est de baisser la prime moyenne sur certains segments, en emprunteur et en santé-prévoyance, par exemple. Ces investissements seront associés à un plan d’économie pour la démarche achats et l’organisation des process. La réorganisation des activités d’assistance et d’assurance voyage devrait ainsi se poursuivre.

 



Effectuer une autre recherche

Rechercher