Intermédiaires d'assurance : un canal de distribution qui résiste

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Malgré l’intensification de la concurrence, les bouleversements de leur quotidien liés à l’essor du numérique dans la distribution et le renforcement de la réglementation, les agents généraux et les courtiers maintiennent leurs positions sur le marché européen de l’assurance.


D.R.

Elle est loin l’époque où les agents généraux et les courtiers constituaient le canal de vente quasi exclusif de l’assurance. Dans les années 90, plus de 80% des primes collectées passaient entre leurs mains. Aujourd’hui, leur part de marché frôle à peine les 60 %. Mais selon la 2e édition de l’«Observatoire européen des intermédiaires d’assurance» publié par CGPA Europe (1), la situation de ces acteurs de la distribution n’est pas aussi tendue qu’elle n’y paraît. En effet, malgré des effectifs qui progres­sent moins que par le passé, les intermédiaires d’assurance sont parvenus à stabiliser leurs positions. Dans le paysage de la distribution, agents généraux et courtiers ont su trouver comment se différencier face aux opérateurs intervenant en direct comme les mutuelles en France et aux bancassureurs, qui ont fait une percée en Europe du Sud notamment.

Rien n’est acquis

En assurance vie et en dommages aux biens, la pression des bancassureurs reste forte. Et de nouveaux acteurs apparaissent : assureurs qui commercialisant leurs offres sur Internet mais aussi opérateurs venus d’autres horizons qui, au travers des partenariats noués avec des assureurs, tentent d’enrichir leurs propositions clients. C’est sur le front de l’assurance dommages aux biens que la menace de ces nouveaux entrants pourrait s’avérer la plus forte à l’avenir.

Mais, face à ces acteurs, les agents généraux et les courtiers ont une carte à jouer : celle du conseil. Un atout sur le marché européen de l’assurance de plus en plus réglementé afin de mieux protéger les consommateurs.

(1) Filiale de CGPA, société d’assurances mutuelle

 

Plus de la moitié des primes sont collectées par les intermédiaires

Évolution des parts de marché des intermédiaires dans l’Union européenne en assurance vie et non-vie (1).

(1) Moyenne estimée des 18 marchés pour lesquels les données sont disponibles.

Parts de marchés des différents canaux de vente dans l’Union européenne en 2012.


(2) Absence d’intermédiaire, ce qui inclut les mutuelles sans intermédiaire, les salariés de la compagnie et autres ventes directes.

Les intermédiaires, qui, il y a plus de vingt ans, étaient quasiment en position de monopole en termes de distribution de produits d’assurance, ont vu leur situation changer avec l’arrivée des opérateurs travaillant sans intermédiaires, tels que les mutuelles en France, puis avec la diversification opérée par les établissements bancaires. Mais, depuis une dizaine d’années, leurs parts de marché se maintiennent. En assurance non-vie, près des deux tiers des primes sont encore collectées par les agents et les courtiers. En assurance vie, la concurrence a été plus vive : les bancassureurs se sont au fil du temps accaparés un tiers du marché, les intermédiaires en détenant encore un peu plus de la moitié.
Des effectifs en baisse depuis 2012

Évolution moyenne annuelle (%) du nombre des intermédiaires d’assurance entre 2009 et 2013.

Sources : observatoire européen des intermédiaires d’assurance (CGPA Europe)

Entre 2008 et 2012, le nombre d’intermédiaires recensés sur neuf marchés européens – Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, France, Portugal, Belgique, Luxembourg et Irlande – est passé de 844 300 à 868 500, soit une hausse de près de 3%. Mais cette augmentation de la population a tendance à se ralentir. Les effectifs ressortent même en baisse en 2012 et 2013.

Assurance non-vie : les intermédiaires dominent aussi en France

Part de marché des différents canaux de distribution, par pays, en assurance non-vie en 2012-2013.


Assurance vie : les intermédiaires concurrencés par les banques

Part de marché des différents canaux de distribution, par pays, en assurance non-vie en 2012-2013.


Dans les 18 marchés examinés, hormis en Croatie et aux Pays-Bas, les intermédiaires collectent plus de la moitié des primes d’assurance non-vie. Leurs parts de marché dépassent même les 80% dans des pays matures, comme l’Italie, l’Allemagne, le Luxembourg, ainsi que dans certains pays d’Europe centrale et orientale où la concurrence entre canaux de vente est moins rude. En assurance vie, leurs positions sont moins fortes : 52% en moyenne et 37% si l’on met de côté le marché britannique où le modèle de la bancassurance est quasi inexistant. Dans les deux branches, la part de marché des intermédiaires français s’avère inférieure à la moyenne, du fait d’une forte variété de canaux de vente.
Agents et courtiers : une présence plus ou moins marquée

Répartition des intermédiaires par familles dans 9 pays de l’Union européenne.


L’Allemagne et l’Espagne concentrent près des trois quarts des effectifs des agents généraux. Avec le Luxembourg, ce sont les marchés qui affichent les proportions d’agents les plus fortes parmi les intermédiaires. En France, la part des courtiers est assez élevée mais, dans cette famille d’intermédiaires, figurent aussi des agents qui exercent le courtage à titre accessoire.

 



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article extrait de l’argus de l’assurance

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