Patrick Petitjean, PDG des pôles santé-prévoyance et mobilité-assistance d'April : « Devenir un référent en matière d'assurance collective »

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Patrick Petitjean, PDG des pôles santé-prévoyance et mobilité-assistance d'April
Patrick Petitjean, PDG des pôles santé-prévoyance et mobilité-assistance d'April

Le PDG du pôle santé-prévoyance se félicite des bons résultats d'April en collectives et ne manque pas d'ambitions pour 2013. Pour autant, la généralisation de la couverture complémentaire des frais de santé l'inquiète beaucoup.

April vient de présenter ses résultats annuels. Quels sont-ils sur la partie collective ?

En 2012, nous avons réalisé une bonne année en assurance collective. Notre chiffre d'affaires global sur cette partie a été d'environ 82 M€ . C'est une performance supérieure de neuf points au précédent exercice. Ce succès, qui nous place parmi les tout premiers courtiers du marché, est notamment dû au dispositif commercial que nous avons considérablement renforcé dans le courtage de proximité et à notre activité de grossiste, dans laquelle nous avons accentué notre leadership sur le marché.

Pour autant, notre réussite découle aussi du travail que nous avons mené avec les assureurs sur les garanties et la compétitivité tarifaire de nos produits. Si bien qu'aujourd'hui, nos offres sont particulièrement innovantes et mieux positionnées sur l'ensemble de la branche.

Son parcours

Patrick Petitjean a 56 ans. Avant de rejoindre April, il était secrétaire général puis directeur général adjoint de l'Office public d'aménagement et de construction (Opac) de Saône-et-Loire.

  • 2000 D'abord PDG d'April assurance (devenue April santé-prévoyance), puis directeur général du groupe, il est depuis décembre 2012 PDG des pôles santé-prévoyance et mobilité-assistance du groupe.
  • Depuis mai 2011 Président de l'Association pour la promotion de l'assurance collective (Apac).

Quelles sont ces innovations produits ?

Afin de faciliter l'adhésion des clients, nous cherchons à simplifier au maximum nos process. Dans cette optique, nous élaborons des produits sur mesure, notamment à destination des très petites entreprises, en optant pour une modularité importante. Nous innovons également pour les travailleurs non salariés (TNS), avec des contrats qui peuvent perdurer à leur activité et se transformer en contrat de dépendance. Enfin, nous cherchons à investir plus largement le champ de la protection sociale des entreprises. C'est en effet un segment qui nécessite de nouvelles approches, plus globales. Nous étudions ainsi tout ce qui peut agir sur le contexte social d'une entreprise, comme les accidents du travail ou encore la protection en matière d'absentéisme. Pour ce faire, nous travaillons en relation directe avec les DRH, afin d'établir avec eux la meilleure manière de protéger l'ensemble de leurs activités.

 

Quels sont vos objectifs pour 2013 ?

Nous voulons devenir un référent en matière d'assurance collective, en nous appuyant sur une approche très segmentée de la distribution. Aujourd'hui, notre force est d'être présents sur le marché à la fois comme courtier grossiste, courtier direct et gestionnaire pour compte. Dans les prochains mois, nous allons chercher à renforcer ces positions et investissons beaucoup pour y parvenir. Seulement voilà, entre ce que nous souhaitons et ce qui risque de se passer après la transposition de l'accord national interprofessionnel (ANI), il est difficile de faire des projections.

 

C'est-à-dire ?

Aujourd'hui, il y a beaucoup d'attentes et d'inquiétudes sur la façon dont le législateur va transposer l'ANI. Soit il respecte l'esprit voulu par les signataires de l'accord. Et dans ce cas-là, le principe de la libre concurrence figurera dans la loi, sans possibilité de revenir aux clauses de désignation et de migration. Soit ce n'est pas le cas, et les conséquences peuvent être douloureuses pour beaucoup d'acteurs de l'assurance de personnes, individuelle et collective.

Si ce dernier scénario se réalise, il y aura une reconfiguration en profondeur du marché. Certains acteurs - des courtiers, mais aussi des agents, des assureurs et des mutuelles - se verront dépossédés de tout ce qu'ils auront accompli durant des années. Et ils seront alors totalement exclus du marché de l'assurance collective. Pour la Chambre syndicale des courtiers en assurances (CSCA), plus de dix mille emplois seraient menacés en cas de non-respect du libre choix de l'assureur. Personnellement, je pense que ce chiffre sera beaucoup plus important, nous l'estimons à trente mille avec l'Association pour la promotion de l'assurance collective (Apac). Comment ne pas se mobiliser dans un tel contexte ?

 

Quel est le rôle de l'Apac ?

Lors de sa création en mai 2011, l'Apac voulait fédérer les acteurs du marché de la collective pour porter le débat sur la libre concurrence. Mais aussi lutter contre les pratiques des clauses de désignation et, surtout, de migration. Près de deux ans plus tard, ces missions n'ont pas changé et sont encore plus que jamais d'actualité avec l'ANI.

Nous voulons toujours en finir avec ce système dans lequel l'immense majorité des accords de branche bénéficie aux institutions de prévoyance. Ces entreprises profitent de fait d'une position dominante et en abusent. Or, après s'être intéressé à la prévoyance, puis à la santé, rien n'empêche le phénomène de s'étendre à la retraite, à la dépendance, voire aux travailleurs non salariés. En tout cas, ce n'est pas en rendant le marché captif que les entreprises et les salariés obtiendront les meilleures garanties aux meilleurs tarifs, bien au contraire. Notre démarche est profondément légitime face à une situation inacceptable et abusive.

 

L'avant-projet de loi et l'accord national interprofessionnel signé, le 11 janvier, par les partenaires sociaux prévoyant une généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés d'ici à 2016 ne semblent pourtant pas aller dans votre sens...

Avec cet avant-projet de loi, la menace devient encore plus sérieuse pour l'assurance individuelle. Pour autant, la discussion n'est pas terminée. Alors que nous voulions saisir il y a quelques mois l'Autorité de la concurrence pour réclamer plus de transparence dans les accords de branche, nous avons revu notre argumentaire en référence à l'ANI. Dans notre saisine du 1er février, nous demandons à présent à l'Autorité de concurrence de se prononcer sur l'accord du 11 janvier, pour savoir si celui-ci est de nature à respecter ou non le principe de libre concurrence. En attendant d'avoir la réponse à cette question, nous comptons bien peser sur les débats parlementaires à venir lors de la transposition de l'ANI.

 

Quelles seraient les conséquences pour April d'une généralisation de la complémentaire santé ?

Contrairement à d'autres acteurs du secteur, nous avons chez April beaucoup d'atouts grâce à notre diversification aussi bien dans l'assurance de personnes sur les collectives, l'assurance emprunteur, que dans l'assurance dommages, l'assurance des expatriés, des voyageurs, des étudiants... Autant de champs d'activité qui nous permettent d'apporter à nos courtiers de proximité des solutions pour se redéployer sur d'autres types de clientèles ou d'autres natures d'offres, si besoin. Quel que soit l'avenir, notre groupe est armé et saura donc trouver les bonnes voies pour rebondir et poursuivre son développement.

Notre force est d’être sur le marché à la fois comme courtier grossiste, courtier direct et gestionnaire pour compte.

 

Nous voulons en finir avec ce système dans lequel l'immense majorité des accords de branche bénéficie aux institutions de prévoyance.


Patrick Petitjean

Patrick Petitjean

Président directeur général des pôles Santé-!Prévoyance et Mobilité-Assistance d'April

Patrick Petitjean est né en août 1956 . Maîtrise en sciences économiques et de gestion. Diplôme du Centre de Perfectionnement des Affaires (CPA). Patrick Petitjean a commencé sa carrière [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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